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Nicolas Sarkozy joue la prudence en Chine

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Nicolas Sarkozy joue la prudence en Chine
Nicolas Sarkozy
Par Nathalie Schuck

AP - Son objectif: repartir avec près de 10 milliards d'euros de contrats en poche. Au premier jour de sa visite en Chine dimanche, Nicolas Sarkozy a certes interpellé son homologue Hu Jintao sur les droits de l'Homme, l'environnement ou la faiblesse du yuan, mais il a préféré la "continuité" avec Jacques Chirac à la "rupture" sur le Tibet ou les ventes d'armes, à la veille de la signature de contrats que l'on prédit "historiques" pour Areva ou Airbus.

Quittant une France tout juste sortie de deux semaines de conflit sur les régimes spéciaux, Nicolas Sarkozy a vanté ses réformes dans un sourire: "Je n'oserai pas dire que la France s'est éveillée, mais je peux vous assurer en tout cas qu'elle est bien réveillée! Parfois, il faut trouver le bon équilibre", s'est-il amusé, en allusion aux grèves. Et "on ne s'arrêtera pas, c'est que le début", a-t-il promis. "Je suis là, si le bon Dieu me prête vie, jusqu'en 2012".

Après une rapide escale culturelle à l'armée de soldats enterrés de terre cuite de Xi'an avec sa mère Andrée et son fils Pierre, dans le centre de la Chine, site fétiche de Jacques Chirac, il s'est envolé pour Pékin pour un dîner avec Hu Jintao, leur première rencontre. Flanqué des ministres Rachida Dati (Justice), Jean-Louis Borloo (Écologie) et Christine Lagarde (Économie), il a interpellé son homologue sur la peine de mort, l'environnement ou les taux de change.

Concernant la peine capitale, "je ne vous demande pas de l'abolir complètement, mais d'accentuer le mouvement qui s'esquisse tout doucement" à la baisse du nombre de condamnations, lui a lancé Nicolas Sarkozy, selon l'Élysée. Rama Yade (Droits de l'Homme) brillait par son absence.

Le président français a également insisté sur l'écologie, alors que la Chine est en passe de devenir le plus gros pollueur de la planète. "La croissance chinoise ne doit pas et ne peut pas se faire au prix d'une dégradation de l'environnement mondial", a jugé le promoteur du Grenelle de l'environnement, soulignant que le développement durable "n'est pas un gadget".

Mais voilà: Nicolas Sarkozy a parfois préféré la "continuité" avec Jacques Chirac à la "rupture". À commencer par la question de Taiwan, que Pékin revendique comme partie intégrante de son territoire, menaçant de recourir aux armes si l'île, gouvernée démocratiquement, déclare son indépendance. "Il n'y a qu'une seule Chine, Taiwan en fait partie", souligne l'Élysée.

Même prudence sur le Tibet, sujet sensible en Chine, où la venue du DalaJi Lama à Berlin et aux États-Unis a été très mal perçue. Le Tibet "fait partie de la Chine", explique l'Élysée. Il a aussi révisé sa position sur l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine, décrété en 1989 après la répression de Tiananmen. "Il faut savoir lever l'embargo", note l'Élysée.

Il faut dire que le VRP Sarkozy, qui a emmené une quarantaine de grands patrons dans ses bagages, doit revoir lundi Hu Jintao pour parapher plusieurs contrats, dont le montant pourrait avoisiner 10 milliards d'euros. Areva devrait ainsi vendre à la Chine deux réacteurs EPR de troisième génération, et lui fournir le combustible uranium. Ce contrat historique pour le groupe nucléaire atteindrait 5 à 6 milliards d'euros, et EDF pourrait y être associé.

Airbus est également sur les rangs, après les deux contrats records que le groupe aéronautique avait arrachés en Chine en 2005 et 2006. Enfin, le groupe Sanofi-Aventis pourrait signer un accord sur la construction d'une usine de vaccins en Chine.

Dimanche, la délégation française était d'une prudence de chat sur le sujet. "Ça coule mieux avec un peu de charme présidentiel", voulait croire l'Élysée après le dîner entre MM. Hu et Sarkozy. "La nuit portant conseil, on en saura un peu plus demain", éludait Christine Lagarde.

Même suspense côté patronal. "Vous verrez demain", temporisait le N2 d'Airbus Fabrice Brigier. La patronne d'Areva Anne Lauvergeon, venue assister à un dîner avec des chefs d'entreprise français et chinois, laissait simplement entendre que les négociations étaient achevées avec la partie chinoise: "Si je suis là..."

Nicolas Sarkozy, qui a déjà prévu de revenir pour les JO de Pékin en août 2008, ne cachait pas l'importance de ces contrats: "c'est capital, parce que c'est des emplois pour les Français, c'est de la croissance pour la France. J'espère que ça va bien se passer, je le crois".



Le futur référendum à Taiwan est "inutile et injustifié"

Le président Nicolas Sarkozy a expliqué lundi à son homologue chinois Hu Jintao que "la France considérait que toute initiative unilatérale était inutile et injustifiée, notamment celle du référendum à Taiwan " prévu en mars sur l'île pour demander le statut d'Etat-membre aux Nations unies.

Nicolas Sarkozy a redit qu'il était attaché à l'"unicité de la Chine", lors d'une réunion avec Hu Jintao au Grand palais du peuple à Pékin.

Pékin revendique Taiwan comme partie intégrante de son territoire, et menace de recourir aux armes si l'île, qui est gouvernée démocratiquement, déclare son indépendance. Un référendum est prévu en mars 2008 à Taiwan pour demander l'adhésion à l'ONU comme Etat-membre.

"Il n'y a qu'une seule Chine, Taiwan en fait partie", avait déjà souligné dimanche l'Élysée, jugeant que le projet de référendum "n'aide pas".


Déclaration conjointe sur la lutte contre le changement climatique

Au deuxième jour de la visite d'État du président Nicolas Sarkozy, la France et la Chine ont signé lundi une déclaration conjointe sur la lutte contre le changement climatique.

Nicolas Sarkozy a salué "une avancée décisive". "Jamais la Chine n'avait pratiqué de cette façon jusqu'à présent", a déclaré le chef de l'État, à l'origine du Grenelle de l'environnement.

© La Presse Canadienne, 2012


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