La crise du crédit qui a duré tout au long de l'été va continuer de secouer les grandes banques canadiennes, sur le point d'annoncer leurs résultats du dernier trimestre, les analystes prédisant qu'une période encore plus sombre les attend lors de l'année à venir.
Néanmoins, les banques devraient annoncer de solides résultats pour l'année fiscale 2007, ayant pris fin le 31 octobre, lors de laquelle une forte activité au niveau des prêts hypothécaires, des cartes de crédit ainsi que des prêts aux consommateurs et aux sociétés, en particulier dans l'Ouest canadien, a contribué à gonfler les résultats.
Les chiffres du quatrième trimestre commenceront à être connus mardi, alors que la Banque de Montréal (TSX:BMO) sera la première des grandes institutions bancaires canadiennes à rendre publics les siens.
Lors de l'année fiscale 2006, les six banques les plus importantes au pays ont enregistré des bénéfices nets totalisant 19 milliards $, en hausse par rapport à ceux de 12 milliards $ rapportés au terme de l'exercice précédent. Ce résultat constituait un nouveau record, abaissant la précédente marque de 13,3 milliards $ établie en 2004.
Ces dernières semaines, les six banques ont dit prévoir des charges relatives aux pertes subies par le marché américain des prêts hypothécaires à risque.
"Peu importe l'importance des résultats des banques au quatrième trimestre, elles font face à d'importants risques en provenance des États-Unis, d'Europe et à l'échelle mondiale en ce qui concerne les institutions financières", a affirmé John Aiken, analyste chez Dundee Securities.
Mercredi dernier, Valeurs mobilières Desjardins a prédit un recul de 6 pour cent du bénéfice d'exploitation des grandes banques canadiennes au quatrième trimestre, par rapport à la période équivalente un an plus tôt.
"Les ralentissements surviennent lors des périodes d'incertitude", a affirmé Michael Goldberg, analyste chez Desjardins.
"De toute évidence, les conditions d'affaires aux États-Unis sont devenues incertaines en raison de la faiblesse dans les secteurs des hypothèques, du crédit structuré, de l'immobilier et des secteurs liés à l'habitation", a-t-il ajouté.