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La Banque du Canada a abaissé son taux directeur d'un quart de point

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La Banque du Canada a abaissé son taux directeur d'un quart de point
Par Julian Beltrame

La Banque du Canada a abaissé son taux directeur d'un quart de point, mardi, indiquant ainsi sa crainte que l'économie canadienne puisse souffrir des problèmes de crédit grandissant aux États-Unis et d'une demande américaine plus faible.

Ce cadeau de NoJel anticipé aux manufacturiers et exportateurs du pays, qui suppliaient la banque d'intervenir pour freiner l'envolée du huard, a eu l'effet anticipé, faisant chuter le dollar de plus d'un cent, mardi.

Inversant une tendance au resserrement inaugurée en juillet, les gouverneurs de la banque ont abaissé le taux du financement à un jour à 4,25 pour cent.

Cette décision de la banque centrale devrait stimuler l'économie canadienne en permettant aux entreprises et consommateurs d'emprunter plus facilement, en plus de freiner le huard en rendant les investissements canadiens portant intérêts moins intéressants.

Mais cette décision de la banque suscite aussi certaines inquiétudes au sujet de la robustesse de l'économie canadienne à l'approche de la nouvelle année.

"Il est clair qu'une devise qui avait bondi au-delà de la parité (avec le dollar américain) était trop lourde à supporter pour l'économie et pour plusieurs manufacturiers, a dit l'économiste en chef adjoint de la Banque Scotia, Aron Gampel. La banque centrale a réalisé que la force du dollar, l'intensification du ralentissement économique au Canada et les difficultés financières associées à la crise hypothécaire commençaient toutes à avoir des répercussions au Canada."

Dans un communiqué émis au moment de l'annonce de la réduction du taux directeur, la banque centrale a expliqué qu'une détérioration de la performance de l'économie l'a contrainte à réviser les prévisions de croissance formulées lors de son plus récent examen, à la mi-octobre.

Et si l'économie canadienne continue de fonctionner au-dessus de sa capacité de production à long terme, poursuit l'institution, "les difficultés liées (à la crise des) prêts hypothécaires à risque aux États-Unis, qui éprouvent les marchés financiers mondiaux, se sont aggravées depuis la mi-octobre et devraient persister plus longtemps que prévu".

De plus, les exportations canadiennes sont malmenées par la force du dollar et le ralentissement de l'économie américaine.

Environ deux heures avant la fermeture des marchés, mardi, le dollar canadien valait 98,97 cents US, en recul de 1,01 cent US par rapport à lundi.

Pendant ce temps, les pressions inflationnistes, qui constituaient la principale inquiétude de la banque, ont été en bonne partie soulagées par la robustesse du huard, qui a entraîné une réduction des prix pour les consommateurs et une augmentation des investissements commerciaux dans des secteurs comme l'équipement.

La banque centrale a souligné en outre qu'en octobre, tant l'inflation mesurée par l'IPC (indice des prix à la consommation) global que celle mesurée par l'indice de référence, respectivement à 2,4 pour cent et à 1,8 pour cent, se sont établies en deçà de ses prévisions.

"Compte tenu de tous ces facteurs, la Banque juge que la résultante des risques associés à la projection en matière d'inflation jusqu'à la fin de 2009 (...) s'inscrit maintenant en baisse", a indiqué l'institution dans son communiqué.

Cela constitue un renversement marqué des prévisions émises par la banque en juillet concernant l'économie, l'inflation et les taux d'intérêt, quand elle avait augmenté son taux à 4,5 pour cent et laissé entendre que d'autres mesures pourraient bientôt être annoncées pour freiner la poussée de l'économie canadienne, alimentée par les cours des matières premières.

Mais c'était avant l'envolée effrénée du huard et l'effondrement des marchés du crédit en août, ce qui a contraint les banques centrales de la planète à intervenir pour protéger les liquidités et prévenir une crise encore plus prononcée.

Et c'était avant que les manufacturiers du centre du Canada ne commencent à annoncer un effondrement total de leurs affaires si la banque ne révisait pas sa position.

La banque n'a pas indiqué si elle prévoit qu'une nouvelle réduction d'un quart de point sera nécessaire en janvier, mais plusieurs économistes en attendent déjà une.

© La Presse Canadienne, 2012


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