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La visite de Nicolas Sarkozy en Algérie aura été fructueuse sur le plan commercial

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La visite de Nicolas Sarkozy en Algérie aura été fructueuse sur le plan commercial
Nicolas Sarkozy
Par Christine Ollivier

AP - Délicate sur le plan politique, la visite de Nicolas Sarkozy en Algérie aura été fructueuse sur le plan commercial, avec pour quelque cinq milliards d'euros de contrats engrangés mardi, dont un accord-cadre de coopération nucléaire.

Signé en présence du président français et de son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika, celui-ci est le premier du genre entre Paris et un pays "arabo-musulman", précisait-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy.

Cet accord, qui doit encore être soumis à la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom), doit notamment rendre possible la construction éventuelle de centrales nucléaires, des transferts de technologie, des coopérations en matière de formation ou de prospection d'uranium.

L'Algérie et les États-Unis avaient signé en juin à Alger un protocole d'accord plus restreint sur le nucléaire civil, permettant seulement un échange d'experts et le développement de programmes communs de recherche.

Outre le nucléaire, a également été signé mardi par Total un contrat prévoyant la construction d'un complexe pétrochimique (vapocraqueur) à Arzew (un milliard d'euros), alors que Gaz de France et l'algérien Sonatrach ont prolongé jusqu'en 2019 leurs contrats d'approvisionnement en gaz naturel liquéfié.

Alstom va de son côté fournir une centrale thermique de 1200 MW à Terga, à 600km à l'ouest d'Alger, pour un montant de 800 millions d'euros. Le groupe a aussi signé un accord sur la construction de deux tramways à Oran et à Constantine et sur l'extension du tramway d'Alger, pour un montant total de 300 millions d'euros.

La RATP a décroché quant à elle un accord sur l'exploitation et la maintenance du futur métro d'Alger, pour un montant de 130 millions d'euros.

"Plus de cinq milliards de contrats, c'est spectaculaire!", se félicitait mardi un proche du chef de l'État.

Sur le plan politique en revanche, la visite d'État de Nicolas Sarkozy était toujours aussi délicate. Le président français a eu droit à un accueil plutôt frais des Algériens mardi matin alors qu'il était venu visiter les ruines antiques de Tipiza, à 70km à l'ouest d'Alger.

Si quelque 200 personnes avaient fait le déplacement, avec drapeaux et portraits du chef de l'État de rigueur ainsi que des cavaliers bédouins pour le folklore, aucun applaudissement n'a salué le président français à sa sortie de voiture. L'ambiance était loin des longs bains de foule que s'offrait son prédécesseur Jacques Chirac.

Car le passé entre Paris et Alger, décidément, ne passe pas et nombre d'Algériens attendent toujours des excuses de la France. "Ce n'est pas assez", a lâché le ministre algérien de l'Intérieur Nouréddine Yazid Zerhouni, alors que Nicolas Sarkozy avait qualifié lundi le système colonial "de profondément injuste".

"C'est un progrès", a reconnu le ministre algérien. Alors qu'on lui demandait si des excuses de la France étaient nécessaires, il a répondu: "chacun juge de ce qu'il peut faire, mais des gestes de cette manière-là sont toujours les bienvenus, bien sûr".

"La plupart des pays européens ont fondé leur prospérité sur l'exploitation de territoires africains qu'ils ont colonisé", a lâché de son côté le président Bouteflika lors du déjeuner qu'ont partagé mardi les deux chefs d'État. Dès lors, "on peut comprendre la réaction des pays européens à (l')immigration", mais "cette réaction restera vaine si elle ne s'appuie que sur des mesures policières de renvoi, dans des conditions plus ou moins acceptables, des immigrants dans leur pays d'origine".

Nicolas Sarkozy devrait à nouveau évoquer le sujet de la mémoire mercredi lors d'un discours devant des étudiants à Constantine. Mais d'excuses, il ne sera toujours pas question. Le chef de l'État a "dit ce qu'il avait à dire là-dessus", soulignait un proche. Des excuses sont donc trop difficiles à prononcer? "Ce n'est pas une question de difficulté. C'est une question d'honnêteté et de lucidité (...) Quand vous vous promenez dans les rues d'Alger, vous voyez qu'il n'y a pas que matière à excuses", assénait-on de même source. Et puis, "il y a eu beaucoup de souffrances côté français aussi".

À l'occasion de la journée nationale d'hommage aux combattants d'Afrique du Nord, Nicolas Sarkozy recevra d'ailleurs dès mercredi à l'Élysée des associations de harkis.

© La Presse Canadienne, 2012


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