AP - George W. Bush a présenté jeudi plusieurs mesures de gel des taux d'intérêt, de rachat de crédit et de garantie d'emprunts destinées à éviter aux ménages ayant contracté un emprunt hypothécaire à surprime et taux variable ("subprime") de voir leur logement saisi. Le président américain a accusé le Congrès de n'avoir pas fait suffisamment pour aider ces ménages.
"Il n'y a pas de solution parfaite", a-t-il souligné en annonçant depuis la Maison Blanche l'accord obtenu avec les acteurs du secteur. "Les propriétaires immobiliers méritent notre aide. Les mesures que j'ai présentées aujourd'hui sont une réponse sensée à un sérieux défi", a-t-il affirmé, faisant référence à la nécessité d'empêcher la crise du logement de plonger l'économie des États-Unis dans la récession.
M. Bush a affirmé que 1,2 million de personnes pourraient bénéficier du plan. Mais seule une fraction devrait obtenir un gel des taux d'intérêts, les autres recevant une aide pour renégocier leur emprunt auprès de l'organisme de crédit et pour obtenir la garantie de l'Agence fédérale du logement (FHA) sur leurs emprunts.
En revanche, a déclaré le président, il n'est pas question que l'État "se porte au secours des prêteurs, des spéculateurs immobiliers ou de ceux qui prennent la décision imprudente d'acheter une maison quand il savent qu'ils n'en ont pas les moyens".
Pour George Bush, l'inflation restreinte et un marché du logement solide justifient de se montrer optimiste pour l'économie américaine. Il a qualifié le pays de "solide", "dynamique," et "flexible", qualités qui lui permettront selon lui de "traverser la tempête".
Mais il s'en est pris au Congrès, qui "ne m'a pas fait passer un seul projet de loi pour aider les propriétaires immobiliers", a-t-il dit, l'appelant à mettre rapidement en place les mesures d'aide aux propriétaires. Son camp républicain est minoritaire au Parlement depuis sa défaite contre les démocrates aux élections législatives de mi-mandat en novembre 2006.
Le président Bush a présenté son plan quelques heures après la publication de l'étude de la Mortgage Bankers Association (organismes de crédit hypothécaire) faisant état d'un record du nombre de crédits hypothécaires en retard de remboursement d'au moins 30 jours aux États-Unis.
Ces retards ont atteint leur plus haut niveau depuis 1986 au cours du troisième trimestre 2007, tandis que les procédures de saisie se multipliaient quel que soit le type de prêt. Les prêts hypothécaires à surprime et à taux variable ont affiché la plus forte détérioration, 4,72% des crédits en cours ayant fait l'objet d'une procédure de saisie sur le trimestre.
Quelque 2 millions de crédits à taux variable consentis à des foyers en difficulté financière devraient voir leur taux d'intérêt d'entrée, de 7% ou 8%, révisé pour atteindre jusqu'à 11%, soit une augmentation de plusieurs centaines de dollars des remboursements mensuels. Le gouvernement espère éviter une nouvelle vague de défections et donc de saisies dans les prochaines années.
Les défauts de paiment de ces derniers mois, dans un contexte de pire crise de l'immobilier depuis plus de 20 ans, ont entraîné des milliards de dollars de pertes pour les grandes banques, fonds d'investissement et autres investisseurs, ébranlant les marchés financies du monde entier. Certains économistes estiment même que la crise de l'immobilier pourrait s'aggraver au point de plonger les États-Unis dans la récession économique.