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| Le gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge |
Par David Friend
Le gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, réclame une nouvelle réglementation afin d'améliorer la transparence dans les transactions de titres adossés à des actifs, qui sont à l'origine des secousses boursières de l'été dernier et du resserrement du crédit.
Dans le cadre de sa dernière allocution publique en tant que patron de la banque centrale, M. Dodge, qui quittera son poste à la fin de janvier, a affirmé lundi que le manque d'information à propos de ces produits hautement structurés adossés à des actifs avait contribué à l'augmentation des investissements très risqués, qui ont par la suite provoqué le resserrement du marché du crédit se poursuivant actuellement.
"Il est un peu étrange que nous ayons des règles très détaillées concernant les titres qui peuvent être vendus aux particuliers, mais qu'il n'y ait absolument aucune règle pour encadrer toute cette autre grande portion de marché, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse après son discours. Nous avons besoin d'un principe qui imposerait aux émetteurs de divulguer l'information pour permettre aux investisseurs informés de prendre des décisions raisonnables."
Le resserrement du crédit, qui a suivi l'effondrement du marché des prêts hypothécaires à risque aux États-Unis, a incité les banques centrales de la planète à intervenir à plusieurs reprises sur les marchés financiers cette année, injectant des milliards de dollars en crédit pour assurer la disponibilité des liquidités.
M. Dodge a suggéré que toutes les informations transmises aux agences de crédit pour leur permettre d'évaluer le papier commercial adossé à des actifs devraient aussi être communiquées aux investisseurs pour qu'ils puissent déterminer "quels actifs sous-tendent ces produits hautement structurés".
Dans son discours devant le Canadian Club et l'Empire Club, à Toronto, M. Dodge a rappelé que si les autorités du secteur des valeurs mobilières imposent des exigences très strictes en ce qui a trait à l'information qui doit être communiquée dans un prospectus ou une offre de souscription, de telles exigences ne s'appliquent pas au marché dispensé _ qui inclut le papier commercial adossé à des actifs non bancaires, un marché gelé au Canada depuis plusieurs mois.
Les forces du marché vont probablement régler ces problèmes, a-t-il estimé.
M. Dodge a aussi suggéré qu'il pourrait être possible, par exemple, que les titres adossés à des actifs portent en quelque sorte une "marque" ou soient accompagnés d'une forme de "certificat d'origine", qui inciteraient l'initiateur des prêts à faire preuve d'une grande prudence dans l'établissement des créances destinées à la titrisation.
"Une autre option serait d'encourager les initiateurs à conserver dans leurs livres une part substantielle de la tranche la plus risquée du produit qu'ils vendent", a ajouté M. Dodge.
Le gouverneur de la banque centrale émet ainsi pour la première fois des recommandations aussi claires à propos de sa vision sur la manière dont une crise boursière éventuelle pourrait être évitée à l'avenir.

© La Presse Canadienne, 2012