Bernard Landry se réjouit de la fusion entre les Bourses de Montréal et de Toronto
Le 10 décembre 2007 - 17:38
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| L'ancien premier ministre péquiste Bernard Landry |
Par Sylvain Larocque
Alors que la Caisse de dépôt et placement du Québec pose des questions sur l'acquisition de la Bourse de Montréal par le Groupe TSX, l'ancien premier ministre péquiste Bernard Landry n'y voit rien de mal.
"Ces mouvements de convergence entre Bourses sont devenus une règle à peu près universelle", a déclaré M. Landry dans un entretien téléphonique accordé à La Presse Canadienne, lundi.
Sous réserve d'un examen plus approfondi, il estime en première analyse que la transaction "protège et renforce" la vocation de Montréal, qui deviendra selon lui une "capitale indiscutée" dans le domaine des instruments dérivés. Sans oublier que la métropole québécoise gardera sous son aile le développement de la future Bourse du carbone, un secteur fort prometteur aux yeux de l'ancien chef péquiste.
"C'est un compromis qu'on fait, mais un compromis honorable", a affirmé celui qui, à titre de ministre des Finances sous Lucien Bouchard, avait entériné la spécialisation de la Bourse de Montréal dans le secteur des produits dérivés, en 1999.
La perte d'un siège social montréalais émeut peu Bernard Landry.
"J'aime mieux avoir dérivés et carbone que le siège social d'une institution qui était contrôlée de l'extérieur (par ses actionnaires, qui sont pour la plupart des sociétés financières de Toronto)", a-t-il indiqué.
"Ce n'est pas évident qu'on perd quoi que ce soit et c'est possible qu'on gagne beaucoup", a-t-il précisé.
M. Landry, aujourd'hui professeur à l'Ecole des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), va même plus loin en soutenant qu'un tel regroupement aurait pu voir le jour dans un Québec souverain. Il cite comme exemple la création de la Banque centrale européenne, qui règne sur toute la zone euro à partir de son siège de Francfort.
"On ne peut pas regarder ça comme on regardait ça il y a 50 ans", a relevé l'ancien politicien.
De son côté, la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui est actionnaire de la Bourse de Montréal à hauteur de huit pour cent, a qualifié la transaction d'"intéressante".
"En tant qu'actionnaires, nous voulons savoir si la fusion proposée est viable à terme", a déclaré le président et chef de la direction de la Caisse, Henri-Paul Rousseau, dans un communiqué, en faisant allusion aux projets de nouvelles places boursières "alternatives" mis de l'avant ces derniers mois.
"De plus, nous nous interrogeons sur les principes et les règles de gouvernance qui s'appliqueront à la nouvelle entité, a ajouté M. Rousseau. Quel sera le rôle des représentants québécois au conseil d'administration et au comité de direction? Où se situera le centre de décision? La réponse à ces questions est essentielle et préalable à une prise de position définitive sur ce projet."
Michel Nadeau, directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques et ancien cadre de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a quant à lui bien accueilli le projet de fusion. Il trouve toutefois trop peu élevé le montant proposé par le Groupe TSX _ environ 42,56 $ par action de la Bourse de Montréal.
De son côté, Gérald Lacoste, ancien président et chef de la direction de la Bourse de Montréal, a vu dans la transaction la suite logique de l'accord de 1999, conclu alors qu'il était aux commandes. Pour lui, la localisation du siège social est moins importante que le maintien à Montréal du savoir-faire et des technologies liés aux dérivés.
Le Mouvement Desjardins, qui aidera le Groupe TSX à financer l'acquisition de la Bourse de Montréal, s'est également réjoui de la nouvelle.

© La Presse Canadienne, 2012

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