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Le président-directeur général de l'AMF réclame une sentence exemplaire pour Vincent Lacroix

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Le président-directeur général de l'AMF réclame une sentence exemplaire pour Vincent Lacroix
Jean St-Gelais
Par Pierre St-Arnaud

Dénonçant le mépris envers les institutions et les investisseurs ainsi que l'absence totale de remords de Vincent Lacroix, le président-directeur général de l'Autorité des marchés financiers, Jean St-Gelais, a réclamé mardi une peine exemplaire pour celui-ci.

"Le dossier Norbourg est un scandale sans précédent au Québec; nous demanderons donc une sentence sans précédent", a déclaré M. St-Gelais, tout en se disant satisfait du verdict de culpabilité aux 51 accusations portées contre Lacroix.

"Vincent Lacroix continue de mépriser les investisseurs, tout autant que les institutions. En plus, loin de regretter ses gestes, il prétend publiquement qu'il est une victime. Le message pour nous doit être très clair: il est intolérable de croire que des fraudeurs puissent s'en tirer facilement, en toute impunité, au Québec", a-t-il ajouté.

Quant à la possibilité d'intenter de nouvelles poursuites pénales contre d'autres acteurs mêlés au scandale, M. St-Gelais a rappelé que la Gendarmerie royale du Canada poursuit son enquête criminelle et que l'AMF ne poserait aucun geste avant que les policiers fédéraux n'aient décidé, de leur côté, de la suite des événements.

M. St-Gelais n'a pas voulu commenter, non plus, les nouveaux pouvoirs que prévoit lui accorder le gouvernement du Québec afin de lui permettre d'agir plus rapidement pour éviter des situations comme celle de Norbourg. Il a dit préférer attendre l'annonce à ce sujet de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.

Il a cependant indiqué que tout le monde regrettait de ne pas avoir agi plus tôt dans ce dossier et a précisé que l'AMF avait mis en place de nombreuses mesures, notamment en ajoutant du personnel pour intensifier les efforts de prévention.

Toutefois, bien qu'il ait assuré que l'AMF fera tout en son pouvoir pour prévenir la répétition de telles fraudes dans l'avenir, il a reconnu qu'on ne pourrait jamais mettre sur pied un système entièrement à l'épreuve des fraudeurs.

Jean St-Gelais a ajouté que la priorité de l'Autorité des marchés financiers était désormais de tout mettre en oeuvre pour que les investisseurs récupèrent le plus rapidement possible le maximum d'argent perdu dans la fraude.

Faisant une nouvelle fois le décompte des sommes perdues et récupérées, M. St-Gelais a rappelé que seulement 75 millions $ avaient été retrouvés sur les 205 millions $ qui se trouvaient aux livres des différentes entités du groupe Norbourg, pour une perte globale de 130 millions $.

De cette perte, 11 millions $ avaient été récupérés de la faillite de Vincent Lacroix, un autre 3,3 millions $ avait été obtenu des compagnies de l'accusé, 31 millions $ avaient été versés à partir du fonds de compensation de l'AMF et 6 millions $ avaient été récupérés par Revenu Québec, pour une perte nette totale de près de 79 millions $.


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© La Presse Canadienne, 2012


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