Les prix du pétrole ont atteint pour la première fois le seuil des 100 $US le baril
Le 2 janvier 2008 - 17:16
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Par John Wilen
AP - Les prix du pétrole ont atteint pour la première fois le seuil des 100 $US le baril mercredi, dans un concert de prévisions inébranlables selon lesquelles la demande planétaire continuera d'excéder l'offre.
Les économies émergentes de la Chine et de l'Inde, qui carburent au pétrole et à l'essence, ont dopé les cours durant l'année dernière, tandis que les tensions dans les pays producteurs tels que le Nigéria et l'Iran ont rendu les investisseurs de plus en plus nerveux et incité les spéculateurs à faire monter les enchères.
Le brut léger pour livraison en février a gagné 4,02 $US, fracassant le seuil symbolique de 100 $US, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), avant de retraiter et fermer à un record de 99,62 $US, un gain de 3,64 $US, selon la porte-parole du Nymex, Brenda Guzman. Malgré tout, les prix demeurent dans la fourchette des pointes enregistrées au début des années 1980, si on les ajuste en fonction de l'inflation. En fonction des méthodes de calcul, le baril à 38 $US de cette époque vaudrait aujourd'hui entre 96 $US et 103 $US.
À Washington, la Maison-Blanche a indiqué que le pays ne puiserait pas dans ses réserves stratégiques pour faire baisser les prix.
"Le président n'utilisera pas (la réserve stratégique de pétrole) pour manipuler (les prix) sauf en cas d'urgence véritable", a expliqué le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Dana Perino. Au début de novembre, la réserve contenait 694 millions de barils. Le gouvernement veut la porter à 727 millions de barils.
L'accroissement de la production intérieure de pétrole et de gaz, ainsi que de la capacité de raffinage, figurent parmi les solutions à la spirale des prix, a argué une porte-parole du département de l'Énergie, Megan Barnett.
Les troubles au Nigéria ont insufflé l'impulsion nécessaire au baril pour franchir la barrière des 100 $US. Mardi, des groupes d'hommes armés ont envahi Port Harcourt, centre névralgique de l'industrie pétrolière du pays. Deux postes de police et un hôtel important ont été attaqués. Quatre policiers, trois civils et six des agresseurs ont été tués. Les attaques ont été revendiquées par le groupe Niger Delta Vigilante Movement.
De même, des rumeurs voulant que plusieurs terminaux d'exportation mexicains aient été fermés en raison du mauvais temps ont nourri cette fébrilité. De surcroît, l'OPEP, qui assure 40 pour cent de l'offre mondiale de pétrole, a annoncé que ses pays membres pourraient ne pas être en mesure de faire face à la demande d'ici à 2024. L'organisation précise toutefois que cette échéance pourrait être décalée de plusieurs décennies si ses membres augmentaient leur production plus rapidement.
"Je présume que les spéculateurs sont les joueurs les plus influents aujourd'hui (mercredi)", a expliqué un analyste d'Alaron Trading Corp., Phil Flynn, à Chicago.
Par ailleurs, les prix du brut ont été poussés à la hausse ces derniers jours par des inquiétudes sur l'approvisionnement, qui trouvent leur origine dans les attaques turques contre des combattants kurdes, au nord de l'Irak. Toutefois, les volumes de transaction en ce mercredi juste après le congé des Fêtes étaient à la moitié de ce qu'ils sont normalement, ce qui signifie que les fluctuations sont influencées de façon indue par la spéculation.
Difficile de savoir si la flambée aurait été aussi vive en temps normal, a ajouté M. Flynn. Par ailleurs, les éventuelles ruptures d'approvisionnement, qui alimentent tant de craintes, ne se sont toujours pas concrétisées, mais les acheteurs ont néanmoins continué à pousser les cours à la hausse.
"Même si la violence n'a pas affecté la production de pétrole du pays, elle a ravivé les craintes puisque les attaques des militants ont eu pour effet de réduire la production de brut au Nigeria d'environ 20 pour cent depuis 2006", a expliqué dans un document d'analyse John Gerdes, de la firme SunTrust Robinson Humphrey.
Autre source de souci: les investisseurs ont estimé que les inventaires de brut ont décliné de 1,7 million de barils la semaine dernière, ce qui constituerait une septième semaine de baisse consécutive.
"(Un tel déclin) n'a rien d'inhabituel en cette période de l'année, mais après sept semaines, l'effet est cumulatif", a fait savoir une analyste de Summit Energy Services, Amanda Kurzendoerfer, à Louisville (Kentucky).
L'Energy Information Administration (EIA) du département américain de l'Énergie s'attend à ce que le prix à la pompe avoisine les 3,40 $US le gallon US en mai, dans un scénario similaire à l'an dernier, lorsque les raffineurs peinaient à suffire à la demande.
Le rapport d'inventaire de l'EIA, reporté à jeudi en raison du congé des Fêtes, devrait montrer des gains en approvisionnement en essence et en activité de raffinage, mais une baisse des approvisionnements en distillats, qui comprennent le mazout et le diesel.
Enfin, à Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 3,37 $US, pour fermer à 97,84 $US

© La Presse Canadienne, 2012

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