Le service d'électricité de Terre-Neuve-et-Labrador, qui s'estime désavantagé par ce que la province considère comme une entente injuste avec le Québec, envisage d'exporter de l'électricité du projet de développement du Bas-Churchill aux États-Unis, via les Maritimes.
La Newfoundland Hydro et la société Emera Inc. ont annoncé lundi la signature d'une lettre d'entente en vue d'"explorer la possibilité d'acheminer l'énergie produite par le projet du Bas-Churchill aux marchés de la Nouvelle-Angleterre et des Maritimes".
Newfoundland Hydro, Emera et la filiale d'Emera Nova Scotia Power "travailleront en collaboration pour étudier en détail les aspects techniques, économiques, financiers et réglementaires" du projet, indique un communiqué conjoint.
Parmi les options envisageables pour la transmission de l'énergie figure l'installation d'un câble sous-marin dans les Maritimes, si aucun accord acceptable ne peut être conclu avec Hydro-Québec.
Le projet du Bas-Churchill, au Labrador, aurait une capacité de production estimée à plus de 2800 mégawatts, soit suffisamment pour alimenter 1,5 million de foyers.
Ce projet serait distinct de l'entente antérieure entre le Québec et Terre-Neuve sur le développement du Haut-Churchill, que Terre-Neuve trouve désavantageuse. Ce contrat n'expire pas avant 2041. Le projet du Haut-Churchill est "un contrat séparé", note Jim Feehan, professeur de l'Université Memorial, à Saint-Jean.
L'électricité produite par le Haut-Churchill est vendue principalement au Québec. Le projet du Bas-Churchill reste à développer, a-t-il précisé.
En principe, Terre-Neuve peut vendre l'énergie (du Bas-Churchill) au Québec ou ailleurs au Canada, aux États-Unis, ou la garder pour l'utiliser dans la province, a-t-il dit. Ils peuvent la vendre peu importe où, à condition de pouvoir l'acheminer. Mais plus on pousse loin en Amérique du Nord, plus cela pourrait coûter cher, a-t-il précisé.
Le développement du Bas-Churchill est sur la table à dessin, sous une forme ou une autre, depuis une trentaine d'années. Cependant, aucun financement n'est assuré, et le projet exigerait un plan d'ingénierie, une évaluation environnementale, un accord avec les Innus du Labrador et un contrat de vente de l'électricité produite.