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Les longs délais d'attente pour des soins de santé ont coûté 14,8 milliards $ à l'économie canadienne

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Les longs délais d'attente pour des soins de santé ont coûté 14,8 milliards $ à l'économie canadienne
Par Helen Branswell

Un nouveau rapport indique que les longs délais d'attente pour des soins de santé ont coûté 14,8 milliards $ à l'économie canadienne l'an dernier en pertes de productivité et en frais de soins additionnels.

L'étude réalisée par le Centre for Spatial Economics pour le compte de l'Association médicale canadienne (AMC) ajoute que cette réduction de l'activité économique a fait perdre à son tour 4,4 milliards $ en taxes et en impôts aux gouvernements provinciaux et fédéral.

Le président de l'AMC, Brian Day, soutient que ces chiffres illustrent bien les carences du système de santé qui, avec ses délais, fait souffrir non seulement les patients, mais aussi l'économie.

"Nous voulons convaincre les gouvernements qu'il n'est pas logique économiquement de rationaliser les dépenses et de ne pas dépenser l'argent nécessaire pour traiter les patients. En fait, ça finit par coûter plus cher", a-t-il déclaré en entrevue.

Certains observateurs ont toutefois accueilli ce rapport avec scepticisme, le décrivant comme la dernière offensive du docteur Day, un chirurgien orthopédiste qui a sa propre clinique privée à Vancouver, dans sa campagne en faveur de soins de santé privés.

"Le programme du docteur Day est de montrer que le système public est sans espoir, qu'il ne peut pas répondre légitimement aux besoins et que la seule solution est d'établir, de permettre et de financer un système privé parallèle _ une partie avec des fonds publics, une partie sans fonds publics", a dénoncé Steven Lewis, un analyste indépendant des politiques en santé et un professeur à l'Université de Calgary.

Robert Evans, un économiste du secteur de la santé bien connu de l'Université de la Colombie-Britannique, a noté que la position de l'AMC n'était pas neutre.

"Chaque dollar que nous investissons dans le système de santé devient un dollar du salaire de quelqu'un, a-t-il expliqué. Quand l'AMC dit `Notre système est sous-financé et nous avons désespérément besoin de ceci, de cela et de cette autre chose', nous devons nous rappeler que c'est une association professionnelle représentant les médecins. Ce n'est pas une agence qui représente les patients."

M. Day a soutenu que les chiffres de l'étude n'étaient qu'une estimation conservatrice, notamment parce qu'elle ne tenait pas compte des délais nécessaires pour voir un spécialiste, mais seulement des délais après qu'un spécialiste eut établi qu'une intervention était nécessaire.

Toutefois, les auteurs du rapport n'ont pas calculé combien les gouvernements devraient investir de plus en santé pour réduire les délais d'attente au temps maximum recommandé par les médecins.

Le président de l'AMC est tout de même convaincu qu'il en coûterait moins cher de réduire les listes d'attente que de maintenir le statu quo, soutenant que plusieurs pays qui ont un système universel de soins de santé n'ont pas les problèmes de délais du Canada.

Dans le cadre de son étude, le Centre for Spatial Economics s'est penché sur quatre procédures médicales qualifiées de prioritaires à la suite de l'Accord de 2003 des premiers ministres sur le renouvellement des soins de santé, soit le remplacement complet d'une articulation, la chirurgie de la cataracte, le pontage aortocoronarien et l'examen par l'imagerie par résonance magnétique (IRM).

M. Lewis a laissé entendre qu'une des prémisses du rapport, que toutes les procédures prescrites étaient nécessaires médicalement, n'était pas nécessairement vraie quand il s'agissait d'IRM. Il a noté une multiplication par cinq du nombre d'examens par IRM effectués au Canada pendant la dernière décennie, mais aucun effort réel pour évaluer l'impact sur la santé des Canadiens.

"Ce n'est pas juste le manque de service qui coûte cher à l'économie, c'est aussi les services inutiles et le gaspillage", a-t-il soutenu.

© La Presse Canadienne, 2012


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