Si une récession survient aux États-Unis en 2008, le Québec en payera le prix.
Le gouvernement Charest a admis, mercredi, que la perspective, de plus en plus probable selon les experts, d'un ralentissement important de l'économie américaine dans les mois à venir n'augurait rien de bon pour le Québec.
La grande majorité de ses exportations _ 80 pour cent _ prend la route des États-Unis, principal partenaire commercial.
Une récession aurait donc un impact supplémentaire sur les petites et moyennes entreprises exportatrices, déjà aux prises depuis deux ans avec la crise du secteur manufacturier et de l'industrie forestière.
Malgré ce sombre scénario, il n'est pas question pour le gouvernement du Québec de modifier son plan de match en matière économique, a soutenu le premier ministre Jean Charest, en point de presse, en marge d'une rencontre de deux jours de ses députés qui se tient à Sherbrooke.
Chose certaine, "peu importe ce qui arrivera aux États-Unis, nous on va de l'avant avec nos projets", a-t-il dit, en ajoutant cependant que la situation actuelle militait en faveur d'une ouverture du Québec vers d'autres marchés que les États-Unis.
La veille, l'ex-président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, avait déclaré que tous les signes d'une récession étaient déjà présents.
De son côté, le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, a convenu que l'effet combiné d'un dollar canadien fort et d'une économie américaine qui roule au ralenti aurait un impact négatif sur les exportations du Québec.
On doit toujours s'inquiéter "quand il y a des soubresauts importants aux États-Unis ", a-t-il dit, en point de presse.
"Si les États-Unis souffrent, nous allons souffrir nous aussi", a-t-il dit, tout en se faisant rassurant pour faire valoir que l'économie québécoise était forte et diversifiée.
Saute d'humeur et sacres
Le ministre a eu un mouvement d'humeur quand un journaliste lui a demandé de définir ce qu'était une récession. Visiblement agacé, il a répondu en grommelant et en blasphémant à deux reprises.
"C'est niaiseux. C'est comme le prix d'une pinte de lait, crisse", a-t-il dit, contestant la pertinence de la question, avant de s'amender et de s'excuser lors d'un point de presse subséquent.
Pour atténuer l'impact d'une récession, les chefs d'entreprise doivent accepter d'investir dans la modernisation de leurs équipements et l'accroissement de leur productivité, a plaidé par la suite le ministre Bachand.
La priorité des prochains mois sera certainement l'économie, a conclu de son côté le premier ministre. La mise à jour des infrastructures et le développement énergétique devraient aider le Québec à garder la tête hors de l'eau au cours des prochaines années, quoi qu'il arrive chez nos voisins du sud, a-t-il fait valoir.
Pour faire écho à ses propos, le ministre du Revenu et leader parlementaire, Jean-Marc Fournier, a dit que, dans ce contexte, la prochaine session parlementaire, qui débutera en mars, en serait une axée vers l'économie.