Il n'est pas question de songer à replonger les finances publiques en déficit ou à hausser les tarifs, malgré le spectre d'une possible récession en 2008, a assuré le premier ministre Jean Charest, jeudi.
Pour éviter un choc trop brutal sur les finances publiques, M. Charest mise notamment sur divers projets en cours _ mise à niveau des infrastructures, développement énergétique _, la diversification des marchés d'exportation, la signature de diverses ententes de libre-échange avec d'autres pays et de mobilité de main-d'oeuvre avec l'Ontario, de même que l'effet bénéfique sur la consommation des baisses d'impôts déjà annoncées.
Au terme d'un caucus de deux jours des députés libéraux, tenu dans sa circonscription de Sherbrooke, le premier ministre a réaffirmé, en point de presse, que l'année 2008 en serait une axée sur le développement économique.
Quel que soit le ralentissement économique à venir, le premier ministre croit donc réaliste de maintenir intacte la loi sur le déficit zéro et d'éviter de nouvelles hausses tarifaires, et il n'anticipe pas non plus de baisses de revenus dans les coffres de l'État.
"On va atteindre l'équilibre budgétaire. Il n'y a aucun doute là-dessus", a-t-il soutenu, en conférence de presse, au terme du caucus.
Après Sherbrooke, M. Charest s'envolait vers Paris, Londres et Davos, où il doit vanter son projet d'un libre-échange entre le Canada et l'Union européenne, de même que préciser l'entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des compétences professionnelles et des diplômes.
À part le lancement du programme d'infrastructures et le lancement d'un appel d'offres de 2000 MW d'énergie éolienne, le gouvernement mise notamment sur le nouveau régime forestier à mettre en place en 2008 pour aider l'économie du Québec à se maintenir à flot.
Si les choses tournent mal, M. Charest envisage la possibilité d'agir de façon plus interventionniste dans l'économie et de présenter des plans d'aide pour tel ou tel secteur en difficulté _ si sa marge de manoeuvre financière le permet.
"On se réserve toujours le droit, si la situation économique évolue, de poser un geste", a-t-il dit, en ajoutant espérer que "l'économie américaine tienne le coup".
Il dit privilégier les actions qui peuvent avoir une influence sur "les données de base" de l'économie: baisses d'impôts et investissements stratégiques dans les infrastructures "qui vont accélérer la croissance dans d'autres domaines".
Ainsi, malgré la menace d'une récession qui pourrait frapper à très court terme les États-Unis, principal partenaire économique du Québec, le premier ministre se montre très confiant et se fait rassurant.
"Le dernier consensus de prévision de croissance au Québec nous place à environ deux pour cent. C'est supérieur à ce qu'on prévoit en Ontario, qui lui est à 1,8 pour cent. À nous maintenant de mettre en jeu tout ce qu'on peut mettre en jeu pour avoir de la croissance économique et de la création de richesse au Québec", a-t-il dit.
Par rapport au prochain budget, prévu en mars, et à la possibilité d'un allégement supplémentaire du fardeau fiscal, M. Charest a indiqué son intention de garder le cap, en réduisant l'écart qui subsiste entre le Québec et la moyenne canadienne.
Atteindre la moyenne canadienne en cette matière fait partie des engagements du premier mandat libéral qui n'ont pas encore été atteints.