La dégringolade n'était pas terminée, jeudi sur les marchés nord-américains. A la Bourse de Toronto, le S&P/TSX a dérapé de 279,22 points pour s'arrêter à 12 795,64. Le public investisseur a notamment largué des titres de ressources naturelles, redoutant qu'une récession aux États-Unis fasse tomber la demande pour les principales exportations canadiennes.
Les services financiers aussi étaient en recul à Toronto, le marché ignorant quand la série de dépréciations d'actifs dans ce secteur va s'arrêter aux E.-U.
L'indice torontois abandonne maintenant 837 points (6 pour cent) cette semaine; le S&P/TSX est rendu sous le niveau où il avait amorcé l'année 2007.
Le dollar canadien tombait dans une deuxième séance de suite, cédant 0,49 cent à 97,11 cents US.
À Washington, Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale, a déclaré que "mettre de l'argent dans les mains de ménages et de sociétés, qui vont le dépenser à court terme", constitue une priorité. Devant le comité budgétaire de la Chambre, il a plaidé pour que ces mesures de secours visent les gens dont les revenus sont faibles ou modérés.
"Ce n'est pas sorcier, le ralentissement de l'économie est dramatique et cela se reflète dans les bilans économiques", a lancé John O'Donoghue, de la maison américaine Cowen & Company.
De plus, les chiffres du bureau de Philadelphie de la Réserve fédérale "sont tout simplement affreux", a estimé M. O'Donoghue. Le bilan de ce bureau, sur l'activité manufacturière par régions, s'avère négatif pour janvier et plus bas que le pronostic des analystes.
Autre tuile, l'agence Moody's revoit la cote de l'assureur d'obligations Ambac Assurance, peut-être pour l'abaisser. Cela inquiète, car les obligations assurées par Ambac risquent d'être à revoir aussi. Les agences de cotation se demandent si les assureurs pourraient honorer toutes les réclamations.
À Wall Street, le Dow Jones des 30 valeurs industrielles a plongé de 306,95 points à 12 159,21 et il se déprécie de 8,3 pour cent jusqu'ici en janvier. L'indice S&P 500 a chuté de 39,95 points à 1333,25.
À la cote new-yorkaise, le brut de référence s'est encore replié, cette fois de 71 cents à 90,13$ US le baril. Les propos de Ben Bernanke ont fait craindre aux spéculateurs que la demande en carburants diminue substantiellement.
À Bay Street, où l'indice de l'énergie a cédé 2,7 pour cent, EnCana a retraité de 1,42 $ à 63,50 $, Suncor Energy a flanché de 4,20 $ à 91,81 $ et Petro-Canada cédé 63 cents à 49,77 $.
Mais l'indice des métaux était encore plus lourd, plombé de 5,0 pour cent, Teck Cominco y laissait 1,42 $ à 31,32 $, First Quantum larguait 6,69 $ à 74,56 $ et Cameco perdait 1,56 $ à 35,50 $. Les services financiers ont pâli de 1,2 pour cent, la Banque Royal a décru de 54 cents à 48,11 $ et la Banque CIBC se détériorait de 2,00 $ à 67,24 $.