Avec la menace de récession qui plane sur les États-Unis et son impact éventuel sur le marché canadien, le principal indice de la Bourse de Toronto a débuté l'année avec une chute de près de huit pour cent en moins d'un mois. Après une croissance étalée sur près de cinq ans, les conseillers en investissement insistent: il faut rester calme, réviser son plan d'investissement et envisager des solutions défensives comme les actions des services publics, des soins de santé et de la consommation, en attendant la fin du ralentissement.
Selon Gareth Watson, directeur associé du groupe de conseil de portefeuille à la Banque Scotia, la faiblesse du marché du crédit et l'évaporation de la liquidité tiennent les rênes d'une économie plus large. «Les investisseurs canadiens devront garder en tête, cette année, qu'un ralentissement a lieu, que les conditions de crédit ne vont pas s'améliorer rapidement, et qu'il faudra attendre au moins un autre six mois. Ils devront être patients.» «Nous n'allons pas voir les rendements que nous avons vu ces cinq dernières années.»
Le recul de 2,1 pour cent enregistré jeudi a recalé le marché au même endroit où il se trouvait à la mi-août, effaçant pratiquement tous les gains réalisés par l'indice composite S&P/TSX au cours de la dernière année. Malgré tout, selon Fred Pym, président et chef des investissements chez Bissett Investment Management et cogestionnaire principal pour le fonds d'actions canadiennes Bissett, il est important de ne pas céder à la panique.
«Je crois qu'on doit continuellement surveiller son portefeuille et s'assurer qu'on se concentre sur la qualité et, dans la mesure où on a des placements plus spéculatifs ou de moindre qualité, on pourrait devoir décider d'abandonner certaines de ces actions», a indiqué M. Pym. «On doit se concentrer sur la qualité, garder les actions de bonne qualité et si on se sent vraiment bien, on en achète d'autres parce qu'elles sont en vente.»
Selon M. Watson, les actions considérées comme «défensives», comme celles des secteurs des services publics, des soins de santé et de la consommation, seront à surveiller. «Dans la plupart des cas, lorsque on regarde le genre de compagnies que sont les services publics, on a tendance à avoir de jolis dividendes, aussi beaux que ceux d'Enbridge(TSX:ENB), de TransCanada Pipeline(TSX:TRP) ou de Fortis(TSX:FTS) ou quelque chose comme ça, alors d'une certaine façon, on est payé tout en attendant que l'incertitude passe son chemin», a-t-il expliqué.
M. Watson suggère aussi aux investisseurs canadiens de se tourner vers les États-Unis et d'autres marchés internationaux pour diversifier leurs placements, parce que le choix de titres défensifs au Canada est limité. «On doit regarder au sud de la frontière parce que le marché d'actions canadien, soyons francs, est très minuscule par rapport à la grandeur et l'étendue de celui des États-Unis; il y a beaucoup plus d'occasions d'affaires au sud de la frontière.» «Je crois que cela va se répéter à l'avenir parce que malheureusement, au Canada, nos mains sont liées et limitées par les choix d'investissements que nous avons.»
Selon Adrian Mastracci, président de KCM Wealth Management, si la tourmente des marchés vous garde éveillé pendant la nuit et que vous avez des crises d'angoisse au sujet de votre portefeuille, c'est que vous n'avez pas le bon mélange d'investissements. «Si vous avez des doutes, alors votre plan n'est pas nécessairement le bon pour vous», a-t-il estimé.
Le plus important pour les investisseurs est d'avoir un plan qui respecte leur profil de résistance au risque, et d'avoir assez de discipline pour garder le cap. «On doit être vigilant, on doit être patient, on ne peut pas vouloir faire quelque chose sans raison, cela doit avoir un sens, et en autant que on suit cette approche, avec le temps, nos affaires vont bien aller.» «Je m'inquiète plutôt pour la personne qui a investi sans vrai plan, simplement pour essayer de gagner de l'argent.»