La Banque du Canada abaisse son taux directeur
Le 22 janvier 2008 - 13:29
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Par Julian Beltrame
Les banques centrales du Canada et des États-Unis se sont portées au secours des marchés financiers en proie à la panique, mardi, en réduisant leurs taux d'intérêt dans l'espoir de prévenir une sérieuse récession.
Dans le cadre de deux annonces distinctes, la Banque du Canada a abaissé son taux directeur d'un quart de point de pourcentage, la Réserve fédérale américaine _ qui a agi une semaine plus tôt que prévu _, ayant tout juste auparavant retranché trois quarts de point de pourcentage à son principal taux directeur.
À la suite de ces mesures rendues publiques en matinée, les taux directeurs des deux pays se retrouvent à quatre pour cent, au Canada, et 3,5 pour cent, aux États-Unis, la différence d'un demi-point de pourcentage reflétant les perspectives des économies des deux pays voisins.
L'intervention-surprise de la Fed traduit son inquiétude vis-à-vis la dégringolade des marchés mondiaux qui a secoué la confiance des investisseurs et qui affectera selon toute probabilité l'économie dans son ensemble.
"Le carnage dont nous avons été témoins sur les marchés boursiers a littéralement été la goutte qui a fait déborder le vase, et nous allons voir une politique monétaire beaucoup plus agressive", a affirmé Michael Gregory, économiste en chef chez BMO.
Les réductions opérées, néanmoins, ont semblé exercer un impact salutaire immédiat sur les marchés nord-américains. La Bourse de Toronto a affiché une certaine vigueur dès l'ouverture, mardi matin, après avoir la veille perdu plus de 600 points. L'indice principal du parquet torontois a clôturé en hausse d'environ 508 points, soit 4,2 pour cent, à 12 640.
De son côté, le dollar canadien a gagné 0,46 cent US, terminant à 97,27 cents US.
De l'autre côté de la frontière, le Dow Jones, à son premier jour d'activité depuis que les marchés ont plongé dans le rouge, a subi une perte de 420 points, avant de regagner l'essentiel du terrain perdu, dans le cadre d'une séance au rythme instable qui s'est conclue sur un recul d'environ 128 points, à 11 971 points.
Peu d'économistes croyaient que les banques centrales en avaient terminé avec leurs taux d'intérêt, et la Banque du Canada, mardi, a fait comprendre avec plus de clarté qu'elle n'en a l'habitude que d'autres réductions étaient à prévoir.
"La Banque (du Canada) a décidé d'abaisser le taux cible du financement à un jour, et estime qu'il faudra probablement encore augmenter le degré de détente monétaire dans un proche avenir afin de maintenir l'équilibre entre l'offre et la demande globales et de ramener l'inflation à la cible à moyen terme", a écrit la banque centrale dans un communiqué d'une longueur inhabituelle.
Avery Shenfeld, économiste principal de la Banque CIBC, a affirmé que personne n'aurait critiqué le gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, s'il avait procédé à une réduction de 50 points de base de son taux directeur. L'analyste a d'ailleurs dit croire que c'est précisément ce que ferait le successeur de M. Dodge, Mark Carney, le 4 mars.
Aucune des deux banques centrales n'a utilisé le mot récession, mais la Fed est passée proche, ayant fait état dans son communiqué d'une contraction persistante dans le secteur du logement et d'une détente du côté de l'emploi.

© La Presse Canadienne, 2010

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