L'opposition officielle à Québec demande au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d'intervenir pour éviter la fermeture du réseau de télévision TQS, au bord de la faillite.
Dans une lettre adressée au président du CRTC, Konrad Von Finckenstein, Mario Dumont demande au conseil de revoir sa politique de redevances aux télédiffuseurs de façon à "assurer la qualité et la diversité de la télévision québécoise".
Ce faisant, le chef de l'ADQ a offert son soutien aux chaînes de télévision généralistes privées qui réclament leur part de la cagnotte contenue dans le fonds de la câblodistribution.
"La révision des règles de financement de la production télévisuelle permettrait à TQS d'alléger son fardeau, écrit M. Dumont au grand patron de l'organisme fédéral. En autorisant le versement des redevances de distribution aux télévisions généralistes privées, le CRTC jouerait un rôle majeur dans la pérennité de TQS."
Dans un contexte où la question identitaire prend une place prépondérante dans le débat public, la survie du mouton noir de la télé apparaît encore plus nécessaire, a fait valoir le leader adéquiste, jeudi en point de presse.
TQS, a-t-il dit, doit obtenir les moyens de "jouer son rôle de télédiffuseur national et de télédiffuseur local, dans toutes les régions. C'est quelque chose qui en vaut la peine, qui requiert une intervention", a-t-il affirmé au terme d'une réunion de son équipe parlementaire à l'Assemblée nationale.
Du même souffle, le chef de l'opposition officielle a reproché à la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, de ne rien faire pour tenter d'éviter le naufrage appréhendé de TQS.
"Elle a été riche en métaphores pour contester son ancien employeur, mais elle a été assez pauvre en solutions", a-t-il estimé.
M. Dumont faisait allusion à la récente sortie de la ministre contre la décision de la société Radio-Canada de se désaffilier de certaines stations régionales de TQS. Une décision qui, selon elle, a contribué à enfoncer le diffuseur privé dans le marasme.
Si jamais le propriétaire majoritaire de TQS, Cogeco, débranche le réseau du respirateur, "on va trouver une balle de Radio-Canada près du coeur", avait-elle laissé tomber.