Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, s'est lancé jeudi dans une attaque en règle contre les provinces, qu'il accuse de ne pas avoir suffisamment réduit les impôts des entreprises.
Interrogé sur la réaction négative des premiers ministres du Québec, Jean Charest, et de l'Ontario, Dalton McGuinty, au sujet du programme fédéral d'un milliard de dollars visant à relancer les secteurs du bois d'oeuvre et de la fabrication, M. Flaherty n'a pas mâché ses mots.
Non seulement a-t-il réitéré que le programme des conservateurs était suffisamment généreux et équitable, mais il a reproché aux provinces de ne pas en avoir fait assez pour réduire le fardeau fiscal des sociétés.
"Le gouvernement fédéral est largement en avance sur les provinces à ce sujet", a-t-il déclaré lors d'un point de presse tenu en marge du Forum économique mondial, à Davos, dans les Alpes suisses.
"Les provinces n'ont presque rien fait en ce qui a trait à la réduction des impôts des entreprises, a ajouté le ministre. Elles doivent baisser ces impôts. Il y a encore des taxes sur le capital au Québec et en Ontario, alors que nous avons incité les gouvernements de ces provinces à les éliminer. Elles doivent le faire."
À ses yeux, mettre sur pied des plans d'aide n'est pas suffisant pour redonner un souffle à ces industries.
Réduire les impôts des sociétés, "c'est pour le bien de la population", a martelé Jim Flaherty. "Cela permet aux entreprises d'avoir plus d'argent pour investir dans de nouveaux équipements."
Pour M. Charest, qui a mis l'accent sur la réduction des impôts des particuliers, la critique est particulièrement acerbe. Au printemps dernier, le gouvernement de Stephen Harper avait d'ailleurs laissé transparaître son irritation devant la décision de Québec de se servir des nouveaux versements fédéraux destinés à régler le déséquilibre fiscal pour baisser les impôts des particuliers.
En décembre, lors d'une rencontre avec ses homologues provinciaux à Ottawa, Jim Flaherty avait demandé poliment aux provinces de baisser leurs impôts. Jeudi, il s'est fait beaucoup plus insistant.
Risque plus élevé de récession
Le ministre Flaherty a par ailleurs estimé, jeudi, que le risque de récession au Canada avait "augmenté" ces dernières semaines. Il croit néanmoins que le pays y échappera cette fois-ci, puisque l'économie canadienne est selon lui plus résiliente que celle des États-Unis, aux prises avec une crise immobilière dont on ne connaît pas la fin.
Le grand argentier convient néanmoins que le ralentissement attendu en 2008 réduira la taille de l'excédent budgétaire fédéral.
Au sujet du projet de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne dont le gouvernement Charest fait activement la promotion à Davos, M. Flaherty a simplement indiqué qu'Ottawa croyait fermement au principe des accords commerciaux, sans s'avancer sur le dossier particulier de l'Europe.