Le Canada va probablement adopter lors de la première moitié de l'année une mesure de sécurité relative aux prises de contrôle d'entreprises canadiennes par des intérêts étrangers, a affirmé lundi le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty.
Ottawa songe depuis un moment à modifier ses règles sur les investissements étrangers, alors qu'augmentent les préoccupations du public quant aux transactions de premier plan impliquant certaines des sociétés canadiennes ayant le plus valeur de symbole, cédées à des acheteurs étrangers.
Les modifications envisagées auraient pour effet d'empêcher certains investissements pour des motifs de sécurité.
"Je m'attends à ce que nous soyons en mesure, lors des six premiers mois, de parvenir à une conclusion de toutes ces discussions", a déclaré M. Flaherty dans un discours.
M. Flaherty a tenu ces propos alors que le Conference Board du Canada affirmait, lundi, que le gouvernement fédéral ne devrait imposer des restrictions sur les investissements étrangers que dans les cas de prise de contrôle de sociétés d'État et que ces transactions constituent une menace pour la sécurité.
L'organisme a estimé que les gouvernements devraient aussi songer à relâcher les restrictions sur les investissements étrangers secteur par secteur.
"Les modifications restreignant les investissements étrangers pourraient avoir des conséquences négatives pour le Canada", a déclaré Anne Golden, présidente et chef de la direction du Conference Board.
"Des restrictions ne devraient être envisagées que lorsque les prises de contrôle présentent un risque potentiel pour la sécurité canadienne", a-t-elle ajouté.
Bien que les acquisitions et les prises de contrôle à l'étranger par des entreprises canadiennes soient nombreuses, le Canada vend plus qu'il n'achète.
Le déficit du Canada dans le marché des prises de contrôle des sociétés a dépassé 24,3 milliards $ US, durant la période allant de 2005 à 2007, a de son côté révélé la société d'experts-conseils SECOR, lundi, dans une étude.
Les résultats de cette étude ont été présentés lundi lors d'une conférence à laquelle participaient plusieurs dirigeants d'entreprise, à Toronto, en plus du ministre Flaherty.
Le Canada vend davantage d'entreprises dans les secteurs des métaux, de l'énergie et des technologies, où le déficit accumulé atteint 112 milliards $ CAN.
Les principales acquisitions canadiennes sont effectuées dans les secteurs des communications, des services financiers, manufacturier et des services publics, où le Canada a enregistré des gains de 86 milliards $ CAN.