CSeries: Bombardier Aéronautique voit d'un bon oeil le projet de fusion Delta et Northwest
Le 29 janvier 2008 - 15:23
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Par Sylvain Larocque
Le président et chef de Bombardier Aéronautique (TSX:BBD.B), Pierre Beaudoin, entrevoit d'un bon oeil le projet de fusion entre les transporteurs américains Delta et Northwest pour ce qui est de la CSeries, la nouvelle classe d'avions que veut lancer l'entreprise québécoise.
"C'est des choses qu'on va suivre de proche", a déclaré M. Beaudoin mardi, en marge d'un discours prononcé devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
Le dirigeant a reconnu qu'une fusion pourrait, à court terme, ralentir la décision de Delta-Northwest d'acquérir ou non des appareils de la gamme CSeries, qui compteront de 110 à 130 places, ou d'autres avions régionaux de Bombardier (les CRJ et les Q400).
Il a toutefois fait remarquer qu'une fusion ne changerait pas une réalité fondamentale de l'industrie aérienne: le besoin de remplacer de vieux appareils par de plus modernes.
En fait, comme Northwest est le seul transporteur à avoir exprimé publiquement, jusqu'ici, son intérêt pour la CSeries, une fusion avec Delta pourrait accroître la taille d'une éventuelle commande, a laissé entendre Pierre Beaudoin.
"Lorsqu'il y a une fusion, souvent les flottes sont rationalisées, a-t-il noté. Je pense que c'est une opportunité pour nous, parce qu'on voit que les compagnies aériennes veulent retirer des appareils plus vieux et mettre en opération des appareils modernes qui vont leur permettre d'être compétitifs, vu le prix du carburant aujourd'hui. (...) (A) long terme, c'est bon pour nous."
Bombardier se donne jusqu'à la fin de 2008 pour décider de lancer ou non la CSeries, mais la plupart des observateurs s'attendent à ce que l'avionneur aille de l'avant. La mise en service se ferait en 2013 et la rentabilité serait atteinte, au mieux, quatre ou cinq ans plus tard.
Delta et Northwest discutent de fusion depuis plusieurs semaines déjà. United Airlines aurait aussi contacté Delta pour parler d'un regroupement.
SAS
Bombardier ambitionne par ailleurs de vendre d'autres avions régionaux au transporteur scandinave SAS, malgré la décision de ce dernier de retirer de son parc aérien quelque 27 turbopropulseurs Q400 à la suite d'une série d'accidents, l'année dernière.
"On est en discussion pour essayer de comprendre de quelle façon on pourrait essayer de travailler ensemble dans le futur", a expliqué Pierre Beaudoin.
Présence à l'étranger
Dans son allocution, M. Beaudoin a indiqué que Bombardier Aéronautique allait continuer d'augmenter "progressivement" sa présence à l'étranger. Mais devant les journalistes, il n'a pas voulu dire si l'entreprise envisageait l'ouverture d'une autre usine à l'extérieur du pays. L'avionneur compte depuis quelques années des installations au Mexique, où travaillent près de 800 personnes.
"C'est important de comprendre comment Bombardier peut gagner à travers des opportunités qui peuvent se présenter, incluant la fabrication de composantes", a relevé M. Beaudoin.
"Au bout de tout ça, quand on est un peu partout dans le monde, Bombardier, c'est notre centre à Montréal qui en bénéficie", a affirmé Pierre Beaudoin, qui prendra la tête de Bombardier Inc. en juin, en remplacement de son père Laurent.
Le titre de Bombardier s'est apprécié de 5,27 pour cent mardi, pour clôturer à 4,99 $, à la Bourse de Toronto.

© La Presse Canadienne, 2012

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