D'après le maire de Montréal, Gérald Tremblay, le fédéral a déjà fait un bout de chemin
Par Karine Fortin
Confrontées à l'effritement de leurs infrastructures, à la croissance de leur population et à la concurrence économique de municipalités du monde entier, les grandes villes canadiennes prient le ministre des Finances de ne pas les oublier en rédigeant son prochain budget.
Une dizaine de maires réunis vendredi à Ottawa ont uni leur voix pour demander à Ottawa de leur donner un coup de pouce en prolongeant le transfert de la taxe fédérale sur l'essence, qui doit normalement cesser dans quatre ans.
Un engagement à plus long terme leur permettrait d'emprunter pour accélérer les travaux nécessaires et améliorer la qualité de vie des citoyens, a expliqué le maire de Régina, Pat Fiacco, qui est aussi président du caucus des maires des grandes villes.
Les maires aimeraient aussi pouvoir discuter avec Ottawa de la diversification de leurs sources de revenus. Selon le maire d'Ottawa, Larry O'Brien, le régime actuel, basé sur les taxes foncières, est "cassé" et ne convient plus.
Les municipalités souhaiteraient pouvoir compter sur des transferts réguliers, d'un montant équivalent à un point de pourcentage de la TPS, par exemple.
D'après le maire de Montréal, Gérald Tremblay, le fédéral a déjà fait un bout de chemin en créant un programme destiné à la réfection des infrastructures.
Il reste cependant du travail à faire en ce qui a trait au transport en commun et au logement abordable puisque les programmes actuels viennent à échéance en mars 2009, a-t-il souligné lors d'un point de presse.
Conscients que le gouvernement pourrait tomber, les maires veulent un engagement de tous les partis politiques fédéraux.
"De plus en plus, on s'aperçoit que le rôle des villes est essentiel pour les objectifs que tout gouvernement peut se fixer, que ce soit au niveau économique, que ça soit au niveau social, que ça soit au niveau environnemental", a fait valoir le maire Tremblay.
"L'amélioration de la productivité et de la compétitivité passe nécessairement par l'amélioration des villes", a-t-il ajouté.
L'appel des maires a déjà eu un écho auprès du Nouveau Parti démocratique qui a, à nouveau, demandé vendredi au gouvernement Harper de venir en aide aux villes.
L'automne dernier, la Fédération canadienne des municipalités estimait qu'il faudrait au bas mot 123 milliards $ pour remettre en état les infrastructures de traitement des eaux, de transport, de gestion des déchets ainsi que les infrastructures communautaires, récréatives, culturelles et sociales des villes canadiennes.
Le président de la FCM, Gord Steeves, soulignait alors que le problème empirait chaque année.