Le Congrès du travail du Canada (CTC) a de grandes attentes envers la Banque du Canada et le gouvernement conservateur de Stephen Harper en ce qui a trait à la création d'emplois durables et bien payés au pays.
Le porte-parole du CTC, Jean Wolff, estime que la baisse du taux de chômage de 5,9 pour cent en décembre à 5,8 pour cent en janvier est une bonne nouvelle pour l'économie canadienne. Par contre, il fait valoir qu'il y a encore un déficit de 113 400 emplois dans les secteurs manufacturier et de la transformation des ressources au cours des 12 derniers mois.
Dans une entrevue à La Presse Canadienne, M. Wolff interpelle la Banque du Canada afin que celle-ci ne change pas son fusil d'épaule et soit tentée de hausser les taux d'intérêt en raison de la baisse du taux de chômage le mois dernier.
Jean Wolff explique la position du CTC par la situation économique instable aux États-Unis, le pays où l'on exporte le plus. Il rappelle que certains analystes voient une récession économique poindre à l'horizon chez nos voisins du sud.
M. Wolff invite donc la Banque du Canada à diminuer son taux directeur le 4 mars prochain. Ce taux a été abaissé d'un quart de point, pour s'établir à 4 pour cent le 22 janvier dernier.
Pour le CTC, la valeur élevée du dollar canadien et la montée en flèche du déficit commercial avec l'Asie continuera d'entraîner des pertes d'emplois. Les secteurs forestier et de l'automobile, en particulier, continueront d'être durement frappés par une éventuelle récession aux États-Unis, estime le CTC.
Le regroupement syndical, qui représente 3,2 millions de travailleurs canadiens, a également de grandes attentes envers le prochain budget du gouvernement fédéral. Il estime que le ministre des Finances, Jim Flaherty, devrait établir les bases d'une politique de l'emploi "faite au Canada". Il l'invite d'ailleurs à traiter de l'adaptation industrielle et d'accroître les investissements dans les infrastructures publiques, environnementales et sociales.

© La Presse Canadienne, 2008