AP - Le démocrate Barack Obama a affirmé mercredi qu'il dépenserait 210 milliards de dollars (plus de 143 milliards d'euros) pour créer des emplois dans le bâtiment et l'environnement, s'il était élu président des États-Unis en novembre prochain.
Cet investissement s'articulerait en deux plans, sur dix ans. Le premier plan, d'un montant de 150 milliards de dollars (plus de 102 milliards d'euros) aurait pour objectif la création de cinq millions d'emplois dits "cols verts" visant à développer de nouvelles sources d'énergie respectueuses de l'environnement.
Les 60 milliards restants iraient à une Banque nationale de réinvestissement dans les infrastructures chargée de reconstruire des autoroutes, ponts, aéroports et autres projets publics. Selon Barack Obama, ces projets pourraient générer près de deux millions d'emplois, la plupart dans le secteur du bâtiment touché par la crise des crédits immobiliers.
"Ce programme est financé", a assuré le sénateur de l'Illinois, alors que les républicains raillent ses penchants à la dépense. M. Obama a expliqué que les fonds devant financer ces plans proviendront de la fin de la guerre en Irak, de la suppression des exonérations fiscales des entreprises, de la taxation des émissions de gaz carboniques et d'une hausse de l'impôt sur les grands revenus.
M. Obama, qui cherche à s'attirer le soutien des bas salaires, se prononçait depuis l'usine de General Motors à Janesville, dans le Wisconsin, au lendemain de l'annonce du plus grand déficit jamais accusé par le constructeur automobile américain, 38,7 milliards de dollars (26,53 milliards d'euros) sur l'année 2007, ainsi que la création d'un guichet-départ pour 74 000 employés.
"Je pense que si votre gouvernement est là pour vous soutenir, et vous donner l'assistance dont vous avez besoin" dans la transition vers la construction de véhicules propres, "cette usine existera pendant encore 100 ans".
M. Obama aborde la primaire dans le Wisconsin de mardi prochain en favori, fort de ses trois nouvelles victoires dans les primaires de Virginie, du Maryland et de Washington, D.C. de mardi, qui le placent désormais devant sa rivale à la nomination du Parti démocrate pour la présidentielle, Hillary Clinton.
La conseillère politique de cette dernière, Neera Tanden, a réagi au discours économique de M. Obama en déclarant mercredi dans un courrier électronique envoyé aux partisans de l'ex-First Lady que ces propositions n'étaient autres que celles qu'avaient déjà faites Mme Clinton il y a plusieurs mois.
"Les électeurs peuvent se demander: si le sénateur Obama n'est pas capable de produire ses propres idées en campagne, comment résoudra-t-il de nouveaux problèmes en tant que président?", s'est-elle interrogée.