Le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke a laissé la porte ouverte jeudi à de nouvelles baisses des taux d'intérêt, soulignant que les risques menaçant la croissance économique étaient toujours présents et liés aux marchés du logement, de l'emploi et du crédit.
Il s'est toutefois montré plus optimiste concernant les perspectives économiques pour la seconde partie de l'année et 2009, lorsque les mesures fiscales décidées par le gouvernement et celles en matière de politique monétaire porteront leurs fruits.
`Actuellement, mes prévisions comportent une période de croissance atone, suivie d'une certaine accélération plus tard cette année, lorsque les effets des mesures fiscales et monétaires se feront sentir", a déclaré Ben Bernanke devant la commission bancaire du Sénat américain.
Toutefois, s'il anticipe une "amélioration du panorama" économique, M. Bernanke a averti que des risques pour la croissance demeuraient. "Les marchés du logement et de l'emploi peuvent davantage se détériorer, au-delà même de ce qui est actuellement anticipé, et les conditions du crédit peuvent également se durcir considérablement".
Le comité de politique monétaire de la banque centrale "agira en temps voulu, et si nécessaire, afin de soutenir la croissance et de fournir une protection adéquate contre les risques baissiers", a-t-il expliqué. Il a également rappelé que l'évolution de la politique monétaire de la Fed se fondait sur les prévisions de croissance et d'inflation à moyen terme "ainsi que sur les risques pesant sur ces prévisions", puisque la Fed agit avec un décalage.
Par ailleurs, Ben Bernanke a averti que les consommateurs risquaient de connaître des difficultés dans les prochains mois. Le marché du travail s'est "affaibli", a-t-il indiqué, citant la destruction nette d'emplois enregistrée au mois de janvier. En outre, la hausse des coûts de l'énergie, la baisse des marchés d'actions et la chute de la valeur des biens immobiliers "devraient peser sur les dépenses des ménages à moyen terme".
Concernant l'inflation, le patron de la Fed a tablé sur une modération. "Les prévisions à long terme pour l'inflation devraient rester contenues", a-t-il noté.

© La Presse Canadienne, 2008