La Caisse de dépôt se départit d'actions de Jean Coutu
Le 14 février 2008 - 17:42
|

|
Copier/Coller le code suivant à l'endroit voulu
|
|
[Fermer]
|
|
Par Sylvain Larocque
Au cours du trimestre terminé le 31 décembre, la Caisse de dépôt et placement du Québec a vendu toutes ses actions du Groupe Jean Coutu pour les remplacer, en bonne partie, par des titres de chaînes de pharmacies américaines.
Dans un document déposé mercredi auprès de la Securities and Exchange Commission des États-Unis, la Caisse indique avoir liquidé ses 2,2 millions d'actions de Jean Coutu, qui valaient 29,8 millions $ US au 30 septembre. Le détaillant québécois souffre actuellement de la contre-performance de son partenaire américain, Rite-Aid, dont il détient le tiers du capital-actions.
Pour maintenir sa présence dans le secteur des pharmacies, le plus important investisseur institutionnel au Canada s'est tourné vers CVS Caremark, dont il a acquis pour environ 9 millions $ US d'actions, et vers Walgreen (5,6 millions $ US de nouveaux titres).
Secteur financier
Par ailleurs, la Caisse a profité de la chute du cours des actions du secteur financier, fortement secoué par la crise hypothécaire américaine, pour s'investir massivement dans des banques des États-Unis et d'Europe. Il s'agit d'un changement de cap, puisqu'au précédent trimestre, terminé le 30 septembre, l'institution s'était départie de la plupart de ses participations dans des firmes de valeurs mobilières américaines.
Pendant la période terminée le 31 décembre, la Caisse a acheté plus de 1,6 million d'actions de Citigroup, un investissement de 47 millions $ US qui a multiplié par 18 sa participation dans la première banque américaine. La Caisse a aussi acquis des titres de la Bank of America (35,7 millions $ US) et de Fifth Third Bancorp (65,4 millions $ US), en plus de tripler sa participation dans JP Morgan Chase (au coût de 26 millions $ US).
La Caisse a également acheté des actions de la plus grande banque suisse, UBS, pour 44,7 millions $ US, et du géant allemand Deutsche Bank pour 30,2 millions $ US. Toutes ces institutions financières ont dû inscrire des radiations d'actif ces derniers mois à cause de la crise des prêts hypothécaires à risque. Certaines ont même dû se renflouer avec l'apport massif de capitaux d'Asie et du Moyen-Orient.
Au Canada, avant même d'acheter pour 450 millions $ d'actions de la Banque CIBC, le mois dernier, la Caisse avait déjà accru de 45 millions $ sa participation dans l'institution financière au 31 décembre. Dans le secteur bancaire canadien, le titre de la CIBC est celui qui a le plus reculé au cours de la dernière année.
En revanche, la Caisse a vendu pour environ 100 millions $ US d'actions de la Banque TD au quatrième trimestre de 2007. Au 31 décembre, elle détenait une participation de près de 400 millions $ US dans cette banque. La Caisse a en outre liquidé ses intérêts dans la Financière Manuvie, qui valaient 622 millions $ US au 30 septembre, en plus de vendre pour environ 54 millions $ US d'actions de la Financière Sun Life.
Autres secteurs
Après avoir déposé ses actions d'Alcan à la suite de la prise de contrôle de Rio Tinto, pour un produit de plus de 100 millions $ US, la Caisse a acheté pour 6 millions $ US de titres de l'américaine Alcoa, prétendante éconduite de l'aluminerie québécoise.
Au quatrième trimestre, la Caisse de dépôt a d'autre part accru ses intérêts dans les sociétés technologiques américaines. Elle a investi 59,7 millions $ US dans des actions de Microsoft, 30,3 millions $ US dans Google, 34,3 millions $ US dans Apple, 32,3 millions $ US dans Intel, 25,4 millions $ US dans Hewlett-Packard et 23 millions $ US dans IBM.
Du côté québécois, la Caisse a liquidé ses actions de Dorel pour environ 44 millions $ US, mais a conservé intactes ses 75 843 actions de Quebecor World, dont la valeur n'était plus que de 136 000 $ au 31 décembre et de 25 787 $ à la fermeture des marchés, jeudi.

© La Presse Canadienne, 2008

|