Par Julian Beltrame
Les chambres de commerce du Canada et des États-Unis sonnent l'alarme au sujet des coûts et des délais croissants subis par les entreprises qui tentent de faire des affaires de chaque côté de la frontière, jugeant que certaines barrières sont exagérées et nuisent à l'économie.
Les deux organismes, plus importants groupes de pression des secteurs économiques américain et canadien, représentant un total de plus de trois millions d'entreprises, ont formulé mercredi 17 recommandations quant à la façon d'accroître l'efficacité tout en maintenant la sécurité le long de ce qui a déjà été qualifié de plus longue frontière non défendue au monde.
Toutefois, les deux chambres s'accordent à dire que l'un des changements jugés nécessaires _ un retour à l'attitude qui prévalait autrefois _ n'est pas au programme en ce moment, du moins pas du côté du gouvernement américain, à la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001.
"De toute évidence, les événements du 11 septembre ont changé pas mal de choses", a affirmé Mike Murphy, vice-président exécutif, politiques, de la Chambre de commerce du Canada, lors d'une conférence de presse à Ottawa.
"Nous avions l'habitude d'avoir une attitude différente au sujet de la frontière (...) Je crois tout simplement qu'il va falloir (attendre) quelque temps", a-t-il ajouté.
Depuis les attentats, les États-Unis ont mis sur pied un département de Sécurité intérieure en plus d'ériger de multiples barrières de plus en plus complexes, mais aussi qui se recoupent, au chapitre de la réglementation et de l'inspection.
Cela a eu pour effet d'accroître les temps d'attente pour les entreprises canadiennes souhaitant voir leurs marchandises franchir la frontière américaine, de même que les coûts.
"La réalité est que chaque coût marginal est refilé au consommateur, et cela rend les entreprises nord-américaines moins concurrentielles à l'échelle mondiale", a indiqué Adrean Scheid Rothkopf, de la Chambre de commerce des États-Unis.
L'un des problèmes, affirment les entreprises, est que les gouvernements américain et canadien n'ont pas embauché et formé suffisamment de travailleurs pour mettre en application les nouvelles réglementations adoptées en matière de sécurité.

© La Presse Canadienne, 2008