Les agriculteurs canadiens ont tiré des recettes records de 36,3 milliards $ de la vente de cultures et de bétail en 2007, en hausse de 12,2 pour cent par rapport à 2006.
En dévoilant ces données, lundi, Statistique Canada a souligné que le résultat de 2007 était de 14,9 pour cent supérieur à la moyenne enregistrée au cours des cinq années précédentes, période marquée notamment par la crise de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) et certaines années où les prix des produits étaient plus faibles.
Les recettes provenant de la vente de cultures ont atteint un sommet de 18,1 milliards $, en hausse de 25 pour cent par rapport au montant inscrit en 2006 et de 29,1 pour cent comparativement à la moyenne quinquennale précédente.
"C'est bien, il était temps", a affirmé Jim Thorson, agriculteur qui exploite quelque 2800 hectares de terres à proximité de Penzance, en Saskatchewan.
"Il est possible de faire un profit si vous pouvez tout faire de la bonne façon", a-t-il ajouté.
Les recettes venues du bétail ont par ailleurs grimpé de 1,7 pour cent pour se chiffrer à 18,1 milliards $. Elles étaient supérieures de 3,5 pour cent à la moyenne quinquennale précédente.
Les paiements de programme se sont chiffrés à 4,1 milliards $, en baisse de 9,7 pour cent par rapport à 2006 et de 9,5 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale précédente.
Les recettes monétaires agricoles totales, qui comprennent les recettes des cultures et du bétail ainsi que les paiements de programme, ont atteint un sommet de 40,4 milliards $ en 2007. Il s'agissait d'une augmentation de 9,5 pour cent par rapport à 2006 et de 11,8 pour cent comparativement à la moyenne quinquennale. Il s'agissait également de la première fois que les recettes dépassaient le seuil de 40 milliards $.
M. Thorson a cependant dit se "méfier un peu", craignant que la situation ne dure pas.
"Les gars ont fait très, très attention à la dépense. Soudainement, ça va très bien, en particulier si vous n'avez pas trop de dettes, a-t-il affirmé. Mais en même temps, il est possible que ça aille mal de nouveau."
M. Thorson est agriculteur depuis suffisamment longtemps pour ne pas se faire d'illusions. Ayant grandi sur une ferme, il travaille la terre depuis les années 70 et se souvient d'époques lors desquelles les pertes "étaient phénoménales".
"Nous ne faisions qu'emprunter de l'argent, espérant pouvoir continuer une autre année", a-t-il dit.
"Maintenant que les prix sont en hausse, nous payons les dettes accumulées pendant que nous perdions de l'argent. Mais nous ne roulons pas sur l'or."