Le Fonds monétaire international (FMI) estime dans une étude publiée lundi que les difficultés économiques aux États-Unis, la solidité du dollar canadien et une demande intérieure plus modérée feront diminuer la croissance au Canada en 2008.
Selon le FMI, la croissance au Canada cette année se situera à 1,8 pour cent. L'automne dernier, l'institution, basée à Washington, prévoyait une croissance de 2,3 pour cent pour le pays, mais elle laisse maintenant entendre que les conditions se sont détériorées depuis, notamment aux États-Unis, le plus important partenaire commercial du Canada.
Dans son étude, le FMI explique qu'il est improbable que le Canada puisse se dissocier de ce qui se passe aux États-Unis, compte tenu du fait que les liens commerciaux et financiers qui unissent les deux pays sont parmi les plus forts du monde industriel. Les États-Unis demeurent la destination de 75 pour cent des exportations canadiennes.
Le FMI écrit que le Canada devrait être en mesure de relativement bien faire face à cette situation, mais il soutient que les risques de revers sont élevés et que le pays pourrait basculer dans une récession importante si l'économie américaine se contracte davantage, si le dollar américain plonge et si les prix des produits de base tombent.
Dans le cadre d'un tel scénario, l'économie canadienne pourrait reculer de 3,3 pour cent cette année, de 3,8 pour cent en 2009 et progresser d'à peine un peu plus de zéro pour cent en 2010.
Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a réagi à la publication de ce rapport en faisant remarquer que le FMI soulignait la capacité de l'économie canadienne à s'adapter avec souplesse aux chocs défavorables tout en estimant que la solide situation financière du pays lui conférait une position enviable pour affronter les défis économiques.
"Le rapport du FMI dépeint le Canada comme un chef de file économique. Notre gouvernement prend des mesures pour garantir que la croissance se maintiendra malgré l'incertitude présente", a déclaré le ministre Flaherty, lundi, par voie de communiqué.
" Ce sont les mesures que notre gouvernement et que les Canadiens prennent aujourd'hui qui détermineront notre situation future, a-t-il ajouté. La question à laquelle nous devrons répondre en 2008 concerne les moyens à prendre pour garantir notre prospérité future dans cette période économique difficile."
Paul Ferley, un économiste de RBC Marché des capitaux, a affirmé que les prévisions du FMI allaient dans le sens de celle de son entreprise. "Il prédit une croissance de 1,8 pour cent, nous disons 1,7 pour cent. Notre prévision est inférieure mais la différence est minime".
Par ailleurs, le Canada devra mieux s'en sortir que les États-Unis grâce à l'exportation de ressources naturelles, particulièrement le pétrole et le gaz naturel.
"(Le FMI) reconnaît que nous exportons plus que nous importons d'importantes ressources naturelles, le prix desquelles demeurent à des seuils historiques élevés", a dit M. Ferley.
Selon lui, le prix des produits de base, comme le fer, devrait demeurer élevé en raison de la demande toujours croissante des pays à économie émergente comme la Chine.