SNC-Lavalin veut que Québec abaisse les coûts de main-d'oeuvre
Le 27 février 2008 - 15:37
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Par Sylvain Larocque
Le Québec doit abaisser ses coûts de main d'oeuvre s'il ne veut pas voir des emplois lui glisser des mains, a plaidé mercredi le président et chef de la direction de SNC-Lavalin, Jacques Lamarre.
Dans un discours prononcé à la tribune de l'Association de l'industrie électrique du Québec, M. Lamarre a soutenu que ces coûts sont 25 pour cent plus élevés au Québec que dans le reste du Canada.
"Au Québec, on a pris beaucoup de retard là-dessus", a déploré le grand patron de la firme d'ingénierie montréalaise.
"Si l'on veut développer l'industrie des services, une industrie très importante pour le futur, il faut qu'on contrôle le coût de la main d'oeuvre, a-t-il déclaré. Au Québec, actuellement, ils (les élus) en rajoutent là-dessus parce qu'ils pensent que personne ne va le voir, mais c'est quelque chose d'extrêmement sensible."
Selon Jacques Lamarre, les coûts de main d'oeuvre constituent "l'une des plus grandes menaces" à la croissance économique du Québec.
"C'est vraiment quelque chose qu'il faut que le gouvernement provincial regarde, a-t-il martelé. Il faut arrêter de rajouter des charges sur la liste de paye."
Le risque, c'est de "tuer une industrie du futur", a insisté M. Lamarre.
Les charges sociales que doivent débourser les employeurs québécois comprennent notamment les cotisations à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), à la Régie des rentes, au Fonds des services de santé, au Régime d'assurance parentale, au titre de la formation professionnelle (1 pour cent de la masse salariale), de même que pour l'assurance-emploi (de compétence fédérale).
Selon une enquête publiée en 2001 par Statistique Canada, les charges sociales totalisaient en moyenne plus de 5000 $ par employé en 1997 au Québec, soit près de 20 pour cent de plus que la moyenne pancanadienne. Depuis, les cotisations à l'assurance parentale se sont ajoutées au Québec, mais pas dans le reste du Canada.
Jacques Lamarre a aussi profité de l'occasion pour réclamer un allègement de la fiscalité, notamment de la part des provinces.
"Les pays ne peuvent plus penser `on est dans notre territoire, on peut taxer comme on veut', a-t-il affirmé. La fiscalité, c'est maintenant rendu un outil de compétition internationale. Si on veut réussir et se développer économiquement, la fiscalité, il faut en prendre un grand soin."
Bureaucratie
Poursuivant sur sa lancée, Jacques Lamarre a en outre pressé les gouvernements de maîtriser leurs bureaucraties afin d'accroître la compétitivité de leurs économies.
"C'est peut-être une des grandes menaces à laquelle les pays font face dans le monde, a estimé M. Lamarre. Les pays qui vont triompher, c'est ceux qui vont être capables de dominer leur bureaucratie."
Le président de SNC-Lavalin reconnaît que les gouvernements doivent encadrer les projets de développement par des règles visant à protéger l'environnement et la sécurité des travailleurs, entre autres.
"S'ils le font d'une façon efficace _ parce qu'ils doivent le faire _ c'est un avantage économique énorme, a-t-il convenu. (...) Mais si les institutions (chargées d'appliquer les règlements) sont devenues, au sein des gouvernements, des organismes quasi-judiciaires sur lesquels plus personne n'a de contrôle, à ce moment-là, c'est une menace énorme pour nos sociétés."
Jacques Lamarre n'a pas précisé les organismes auxquels il faisait référence, pas plus que les cotisations patronales dont il aimerait voir le taux baisser. Par manque de temps, il n'a pas précisé sa pensée avec les journalistes.
Le titre de SNC-Lavalin a clôturé mercredi à 43,19 $ à la Bourse de Toronto, en baisse de 0,7 pour cent.

© La Presse Canadienne, 2008

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