L'entente franco-allemande n'est pas chose aisée, a reconnu Nicolas Sarkozy
Le 3 mars 2008 - 16:58
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| Nicolas Sarkozy |
Par Laurent Pirot
AP - L'entente franco-allemande n'est pas chose aisée, a reconnu Nicolas Sarkozy lundi à Hanovre, où il a invité les deux pays à "digérer (leurs) différences" et à transformer l'"admiration réciproque pour la culture de l'autre" en "énergie positive pour avancer". Sans attendre, il a profité de la rencontre pour faire avancer son projet d'Union pour la Méditerranée, qui lui avait valu de vives critiques de Berlin.
Lors de l'ouverture du salon mondial des technologies de l'information (CeBIT) de Hanovre (nord), le plus grand du monde, Nicolas Sarkozy a voulu affronter "toutes les questions qu'il y a entre nous" et a tendu la main à la chancelière Angela Merkel, lui présentant un profil bas.
Parmi les questions qui ont créé des tensions entre Paris et Berlin, celle de l'Union pour la Méditerranée semble réglée. Les deux dirigeants, qui ont dîné ensemble, ont ensuite annoncé de concert une proposition "franco-allemande" qui aménage le projet de Nicolas Sarkozy de rassembler dans une même instance les riverains de la Méditerranée: comme le souhaitait Berlin, les 27 membres de l'Union européenne y seront associés.
La présentation détaillée de ce "compromis" a été repoussée au prochain Conseil européen des 13 et 14 mars afin de ne pas "court-circuiter" la présidence slovène de l'UE, a précisé la chancelière. Ni l'un, ni l'autre n'ont expliqué ce qui avait finalement convaincu Mme Merkel, qui s'était montrée à plusieurs reprises très réticente.
Plus tôt dans la soirée, Nicolas Sarkozy s'était employé à justifier ses choix économiques devant la chancelière et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui ont souvent émis des réserves à ce sujet. La dirigeante allemande a pris à plusieurs reprises la défense de la Banque centrale européenne attaquée par le président français et reste insatisfaite de la réduction, jugée trop lente en Europe, des déficits publics français. M. Sarkozy a donc insisté sur la réforme du marché du travail français ou le non-remplacement des fonctionnaires partant à la retraite.
Il a aussi défendu certaines de ses décisions critiquées, comme la recapitalisation par l'État français d'Alstom. "Ça n'a pas été si facile, chère Angela, le rendez-vous de Toulouse", a-t-il encore rappelé, évoquant les changements imposés par Paris à la tête de l'entreprise franco-allemande EADS.
"C'est peut-être sur le plan économique que l'entente franco-allemande si indispensable pour nos deux pays et pour l'Europe, est la moins facile", a résumé le président français, reconnaissant des divergences devenues patentes entre Paris et Berlin. "Il faut accepter nos différences", a martelé M. Sarkozy, dont les relations personnelles avec Mme Merkel n'ont jamais semblé très détendues.
"Non seulement on doit faire l'effort de se comprendre, de digérer nos différences de culture économique, nos questions politiques, mais, en plus, on doit le mettre au service d'un projet européen", a-t-il lancé à l'adresse de son interlocutrice. "Il faut une énergie positive pour avancer."
"C'est d'une certaine manière plus simple dans d'autres domaines" que dans l'économie, a encore affirmé M. Sarkozy. Devant les journalistes, il a plus tard eu cette envolée: "la France et l'Allemagne, L'Allemagne et la France regardent l'avenir (...) dans la même direction, sur le même rythme et avec la même volonté."
Le président français a aussi mis en avant sa volonté de construire avec Berlin une "civilisation du numérique". Mais il a évoqué peu de projets concrets, proposant simplement "que la France et l'Allemagne s'associent dans les programmes de calculateurs géants" ou dans l'intégration des réseaux électriques des deux pays.

© La Presse Canadienne, 2012

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