La Banque du Canada abaisse son taux directeur d'un demi-point
Le 4 mars 2008 - 16:39
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Par Juilan Beltrame
La Banque du Canada a abaissé son taux directeur d'un demi-point de pourcentage pour le porter à 3,50 pour cent, mardi, tout en constatant que l'économie canadienne était en perte de vitesse en raison du ralentissement de celle des États-Unis.
Pour la première fois en six ans, soit depuis la période ayant suivi les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis, la banque centrale canadienne a ainsi procédé à un ajustement de ses taux d'intérêt supérieur à un quart de point de pourcentage.
De plus, la banque a laissé entendre que de nouvelles réductions pourraient être nécessaires, possiblement dès la prochaine date d'établissement du taux cible du financement à un jour, le 22 avril.
Le dollar canadien a réagi en perdant mardi 0,62 cents US, pour clôturer à 100,56 cents US.
Les analystes du secteur économique avaient émis des opinions partagées quant à l'ampleur de la réduction à laquelle allait procéder la Banque du Canada, compte tenu des données économiques les plus récentes, en particulier la contraction de 0,7 pour cent de l'activité économique en décembre, dévoilée lundi par Statistique Canada.
L'incertitude des spécialistes tenait en partie à leur méconnaissance du nouveau gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, qui en était à sa première annonce relativement au taux directeur.
Néanmoins, l'importance de la réduction annoncée lundi relève davantage du sérieux de la situation économique que de la volonté de M. Carney de laisser sa marque à ses débuts, a estimé Dale Orr, économiste chez Global Insight Canada.
Dans le cadre de son annonce, faite par voie de communiqué, la banque centrale a fait état de "signes manifestes que le ralentissement de l'économie américaine sera vraisemblablement plus marqué et plus prolongé qu'on ne l'avait prévu en janvier". Elle a attribué la situation à "une nouvelle dégradation du marché du logement, qui se répercute négativement sur les autres secteurs de l'économie américaine et contribue à un resserrement supplémentaire des conditions du crédit".
"Ces facteurs donnent à penser que d'importants risques à la baisse pesant sur les perspectives d'évolution de l'économie canadienne (...) sont en train de se matérialiser et, à certains égards, de s'intensifier", a écrit la banque centrale.
"Il faudra probablement encore augmenter le degré de détente monétaire dans un proche avenir afin de maintenir l'équilibre entre l'offre et la demande globales et d'atteindre la cible d'inflation de deux pour cent à moyen terme."

© La Presse Canadienne, 2008

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