L'OPEP a décidé de ne pas augmenter sa production de pétrole malgré la flambée des prix
Le 5 mars 2008 - 11:44
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Par William Kole
AP - L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a décidé mercredi à Vienne de maintenir inchangée sa production de pétrole alors que le baril de brut, qui n'en finit plus de grimper, battait un nouveau record à plus de 104 dollars.
L'OPEP a précisé avoir tenu compte du ralentissement économique aux Etats-Unis dans sa décision de laisser sa production au niveau actuel. Elle a également expliqué que l'offre de pétrole restait abondante et qu'une baisse de la demande était attendue au deuxième trimestre.
Le président de l'organisation, l'Algérien Chakib Khelil, a précisé que le marché du pétrole était affecté par ce qu'il a appelé la "mauvaise gestion" de l'économie américaine. "Si les prix sont élevés, ce n'est pas dû à un manque de brut, mais à ce qui se passe aux Etats-Unis", a-t-il déclaré à la presse. "L'offre est suffisante."
Les propos de M. Khelil surviennent au lendemain des critiques du président américain George W. Bush, qui avait reproché à l'OPEP de ne pas produire davantage pour remédier à la flambée du baril. Lors de la réunion de mercredi, l'organisation s'est toutefois engagée à exercer une "vigilance constante" sur le marché.
Les cours du pétrole ont atteint un pic historique à plus de 104 dollars le baril sur le New York Mercantile Exchange (NYMEX) après l'annonce d'une baisse surprise des stocks de pétrole américaines et la décision de l'OPEP. Le baril de brut léger pour livraison en avril a ainsi atteint 104,31 dollars en cours de séance, un nouveau record, et semblait en mesure de monter encore plus haut.
Le baril avait déjà atteint un sommet inédit lundi en frôlant les 104 dollars et se maintient autour de la barre symbolique des 100 dollars depuis un certain temps.
M. Khelil a précisé que lui-même et le secrétaire général de l'OPEP ont été autorisés à convoquer une réunion extraordinaire ou à mener des consultations par téléphone "à tout moment, en fonction des pressions sur le marché". Il a précisé qu'aucune nouvelle réunion n'était pour l'heure prévue avant septembre.
Avant l'annonce de la décision de l'OPEP, M. Khelil avait indiqué que les stocks de brut étaient satisfaisants et que le cartel pétrolier n'avait pas l'intention d'augmenter ou de réduire sa production, qui s'élève à 32 millions de barils par jour. L'organisation satisfait environ 40 pour cent de la demande mondiale de brut.
La décision de l'OPEP n'a pas surpris les analystes. "Elle illustre le fait que l'approvisionnement est relativement bon", souligne Anthony Sabino, professeur de commerce à la St John's University à New York. "Ce qui tire les prix du pétrole jusqu'au niveau stratosphérique de plus de 100 dollars le baril, c'est l'économie américaine, aujourd'hui incontestablement en récession", explique-t-il. "Ce n'est pas tant le prix du pétrole qui grimpe, mais la valeur du dollar qui baisse."
Autres raisons de la hausse de l'or noir: les tensions au Moyen-Orient et la récente incursion de l'armée turque au Kurdistan irakien.
Des pays clés de l'OPEP ont estimé cette semaine qu'un prix optimal du baril se situait entre 85 et 90 dollars. L'OPEP compte 13 Etats membres: Algérie, Angola, Equateur, Indonésie, Iran, Irak, Koweit, Libye, Nigeria, Qatar, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis et Venezuela.

© La Presse Canadienne, 2008

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