Consolidated Thompson a le feu vert pour l'exploitation de la mine du lac Bloom
Le 6 mars 2008 - 15:40
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Par Sylvain Larocque
La société minière Consolidated Thompson (TSX:CLM) a annoncé jeudi avoir obtenu le feu vert des autorités québécoises pour l'exploitation de la mine de fer du lac Bloom, près de Fermont, sur la Côte-Nord.
Par contre, les Innus n'ont toujours pas donné leur appui au projet. Leur négociateur, Rosario Pinette, n'était pas très heureux de ne pas avoir été mis au courant de la conférence de presse de jeudi, qui a eu lieu à Montréal.
"C'est un coup en bas de la ceinture qui vient mettre un peu d'huile sur le feu dans le cadre de la négociation", a-t-il lâché au cours d'un entretien téléphonique.
En décembre, le conseil de bande Innu Takuaikan Uashat Mak Mani-Utenam a présenté une demande d'injonction dans le but de faire cesser les travaux préliminaires entrepris par la minière durant l'automne.
Le conseil a retiré sa requête en janvier après la conclusion d'un protocole d'entente visant la tenue de discussions accélérées. Le but est d'établir, d'ici la fin avril, un accord sur le partage des retombées du projet avec les Innus.
Jeudi, le président et chef de la direction de Consolidated Thompson, Richard Quesnel, a soutenu que les discussions se déroulaient de façon "très harmonieuse" avec les Innus.
"Les discussions ne sont pas du tout harmonieuses, sinon on n'aurait pas besoin de s'asseoir", a répliqué du tac au tac M. Pinette.
"La terre appartient aux Innus et au-delà des autorisations du gouvernement du Québec, ça prend le consentement des Innus pour débuter le projet", a-t-il ajouté.
Consolidated Thomson compte investir 410 millions $ au lac Bloom. L'entreprise espère que la production pourra commencer dès le deuxième trimestre de 2009.
Lorsqu'elle débutera, la construction des installations emploiera environ 400 personnes, tandis que l'exploitation de la future mine doit créer quelque 250 postes permanents.
Il s'agirait du premier projet minier à voir le jour sur la Côte-Nord depuis 1974. Consolidated Thompson compte exploiter la mine pendant 34 ans.
Les indemnités financières _ le montant d'un million de dollars a été évoqué _ sont au coeur des discussions avec les Innus, mais il y a plus.
"Ce n'est pas tant une question d'argent, c'est une question de reconnaissance", a relevé Rosario Pinette.
Présent à la conférence de presse, le ministre québécois des Ressources naturelles, Claude Béchard, s'est félicité de l'ouverture éventuelle de ce "nouvel espace économique" dans le nord du Québec. Par téléconférence, la mairesse de Fermont, Lise Pelletier, s'est aussi réjouie de l'annonce.
La mine du lac Bloom, qui serait à ciel ouvert, doit produire sept mégatonnes de concentré de fer par année. Consolidated Thompson a récemment conclu une entente à long terme avec le négociant chinois Worldlink Energy pour la vente de toute sa production annuelle. Le minerai aboutirait dans une dizaine d'aciéries chinoises et du reste de l'Asie. Worldlink a obtenu une participation dans Consolidated Thompson.
"La mine de fer du lac Bloom s'inscrit à point nommé dans le marché international des ressources métallifères, un secteur qui connaît une très forte croissance, principalement sous l'impulsion de la vigueur économique de la Chine", a affirmé M. Quesnel.
La demande d'acier, dont le minerai de fer est le principal composant, a augmenté de 33 pour cent en Chine au cours des trois dernières années.
Le ministre Béchard s'est défendu de ne pas avoir obtenu de Consolidated Thompson la construction sur place d'une usine de deuxième transformation (fabrication de boulettes de fer) en soutenant que le marché ciblé _ l'Asie _ réclamait plutôt du concentré.
L'entreprise compte entreprendre le déblaiement de l'emplacement de la future mine et la construction du concentrateur au cours des prochains jours.
Le titre de Consolidated Thompson a clôturé jeudi à 7,95 $, en hausse de 0,5 pour cent, à la Bourse de Toronto. Au cours de la dernière année, il a oscillé entre 5 $ et 8,25 $.
Les analystes de Canaccord Adams et de Macquarie recommandent d'acheter le titre, avec une cible variant entre 11,50 et 11,75 $.

© La Presse Canadienne, 2008

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