43 000 emplois canadiens sont créés en février; le taux de chômage reste stable
Le 7 mars 2008 - 17:27
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Quelque 43 000 nouveaux emplois ont vu le jour au Canada en février, ce qui a surpris les économistes et creusé l'écart avec les Etats-Unis à ce chapitre, en plus de faire dire à certains que le Canada pourrait réussir à éviter une récession même si son voisin du Sud risque d'en être victime.
Le taux de chômage canadien est resté stable à 5,8 pour cent, son plus faible niveau en 33 ans, a indiqué vendredi Statistique Canada.
Ces nouvelles données viennent dissiper les nuages économiques qui menaçaient depuis quelques mois au Canada, qui a été témoin d'une diminution de son excédent commercial et d'un recul de son produit intérieur brut en toute fin d'année 2007.
En comparaison, les Etats-Unis ont vu 63 000 emplois disparaître en février.
De passage à London, en Ontario, le ministre des Finances, Jim Flaherty, s'est dit particulièrement ravi de la croissance des emplois en Ontario. Le secteur de la fabrication y a perdu 20 000 emplois supplémentaires, mais la province a malgré tout réussi à gagner 46 000 nouveaux emplois, principalement dans les secteurs de la construction et des services publics.
Le taux de chômage ontarien a ainsi pu diminuer de 0,2 point de pourcentage pour se fixer à 6,1 pour cent.
"C'est un bon développement. Nous avons eu une croissance économique dans toutes les régions du pays et les gens sont capables de s'ajuster pour trouver de nouveaux emplois", a déclaré le ministre Flaherty.
Malgré tout, le portrait de l'emploi au pays a secoué la plupart des analystes. Pour un deuxième mois consécutif, les prévisions de ralentissement du secteur ne se sont pas concrétisées.
Comme le mois dernier, les données sur l'emploi au Canada ont surpris autant dans leurs grandes lignes que dans les détails. Les gains se sont encore une fois concentrés dans les emplois à temps plein, et surtout en Ontario, où le ralentissement de l'économie américaine devrait, en théorie, frapper le plus durement.
"Nous sommes soufflés, comme tout le monde", a laissé tomber Dale Orr, de la firme Global Insight.
"Il y a, malheureusement, un côté insidieux à tout cela, a-t-il ajouté. Cela se produit dans une économie où le rythme de production est très faible, ce qui signifie que la productivité du travail sera très proche de zéro cette année."
Cela laisse croire que la publication de données impressionnantes sur l'emploi ne durera pas, a estimé Avery Shenfeld, économiste principal pour la Banque CIBC, notant néanmoins que cela voulait aussi probablement dire que le Canada ne va probablement pas connaître de récession.
"La meilleure défense contre la récession au Canada est le secteur de la consommation, et avec la croissance de l'emploi et les très bons gains au chapitre des salaires, les Canadiens ont toujours entre leurs mains un grand pouvoir d'achat."
Les salaires sont restés solides en février, le salaire horaire progressant de 4,9 pour cent par rapport au même mois l'an dernier, un taux qui représente plus du double de l'inflation pour cette période.
Le rapport sur l'emploi de Statistique Canada a d'abord donné des ailes au dollar canadien, le faisant progresser d'environ 0,9 cent. Mais la devise a malgré tout clôturé en baisse de 0,27 cents, à 101,05 cents US.
Les données sur l'emploi ont aussi mis en évidence un autre record: quelque 63,9 pour cent des adultes canadiens détiennent maintenant un emploi, grâce à l'ajout, ces derniers 12 mois, de 361 000 emplois.
Au Québec, l'emploi a peu bougé en février, n'augmentant que de 3300. Le taux de chômage québécois s'est établi à 7 pour cent durant la période, restant près de son niveau le plus bas en 33 ans. En janvier, le taux de chômage au Québec était de 6,8 pour cent.
Dans les provinces de l'Atlantique, seul le Nouveau-Brunswick a profité d'une hausse notable de l'emploi en février, soit de 2700, alors que le taux d'activité atteignait un sommet sans précédent de 65 pour cent. Le taux de chômage en février au Nouveau-Brunswick s'est établi à 8,1 pour cent, contre 8,2 pour cent en janvier.

© La Presse Canadienne, 2008

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