La Banque du Canada injecte 4 milliards $ dans les marchés
Le 11 mars 2008 - 18:23
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Par Julian Beltrame
La Banque du Canada emboîte le pas à la Réserve fédérale et d'autres banques centrales et annonce qu'elle injectera 4 milliards $ dans les marchés des capitaux d'ici le mois de mai pour tenter de contrer la crise du crédit qui sévit depuis l'an dernier et qui menace plusieurs économies de récession.
Dans le cadre d'une offensive coordonnée rendue publique au moment de l'ouverture des marchés nord-américains, mardi, les banques centrales ont annoncé qu'elles injecteraient jusqu'à 245 milliards $ dans les marchés financiers, la Réserve fédérale des États-Unis fournissant à elle seule quelque 200 milliards $.
La banque centrale canadienne a précisé par communiqué qu'elle conclura des prises en pension à plus d'un jour de 2 milliards $ assorties d'une échéance de 28 jours, venant à échéance le 17 avril et le 1er mai.
Les prises en pension sont des opérations en vertu desquelles la Banque du Canada offre d'acheter des titres gouvernementaux à des négociants désignés en s'engageant à les leur revendre à un prix fixé à l'avance. La banque mène habituellement ce genre d'opérations sur la base d'une journée, les négociants ayant à racheter les titres le jour ouvrable suivant.
"Ça arrive par vagues, ça va d'un secteur à l'autre sans arrêt, a dit l'économiste en chef de la Banque TD, Don Drummond, au sujet des problèmes économiques engendrés par la crise hypothécaire américaine. La plus récente veut que les banques demanderaient des garanties additionnelles aux fonds spéculatifs, ce qui forcerait ces fonds à réduire leurs positions, ce qui réduirait la valeur de ces investissements. C'est comme des dominos."
La Banque d'Angleterre, la Banque centrale européenne, la Réserve fédérale des États-Unis et la Banque nationale suisse ont également annoncé des mesures du même genre mardi afin d'enlever un peu de la tension sur les marchés financiers.
Une porte-parole de la Banque du Canada a expliqué que sa modeste contribution de 4 milliards $ reflète le fait que les marchés canadiens ne sont pas aussi mal en point que les autres.
L'initiative a été bien accueillie par la plupart des économistes qui expliquent que si la banque centrale canadienne et la Fed ont fortement sabré dans leurs taux directeurs ces derniers mois, ces mesures de politique monétaire n'avaient eu, concrètement, qu'un impact minime sur la disponibilité des capitaux.
Ainsi, plutôt que de reculer en réaction aux coupures de la Fed, les taux hypothécaires ont progressé légèrement depuis l'été dernier aux États-Unis.
C'est la deuxième fois depuis décembre que la Banque du Canada agit de concert avec ses consoeurs internationales pour assurer que des fonds seront disponibles pour les emprunteurs. La Banque d'Angleterre a promis une somme de 20 milliards $ US, la Banque centrale européenne de 15 milliards $ US et la Banque nationale suisse de 6 milliards $ US.
L'économiste principal de la Banque de Montréal, Doug Porter, trouve l'intervention canadienne fort modeste en comparaison.
"Ce n'est pas insignifiant, mais c'est une fraction de ce qu'on voit aux États-Unis ", a-t-il déclaré, en soulignant qu'une comparaison adéquate entre les deux banques est d'environ 10 pour 1. Il dit s'attendre à de nouvelles interventions des banques centrales, même si elles devront peut-être se montrer plus créatives.
Mais même aux États-Unis, a prévenu l'analyste Ian Shepherdson, de la firme High Frequency Economics, l'intervention de la Fed "ne réglera pas tous les problèmes sur les marchés", même si elle réglera temporairement le problème de liquidités.

© La Presse Canadienne, 2012

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