Visa réalise le PAPE le plus lucratif de l'histoire des États-Unis
Le 19 mars 2008 - 16:40
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Par Michael Liedtke
AP - Propulsé par le plus important premier appel public à l'épargne (PAPE) de l'histoire des États-Unis, le titre de Visa a pris près de 30 pour cent lors de sa première journée de transactions à la Bourse de New York, mercredi, les investisseurs semblant convaincus que la popularité grandissante des paiements électroniques viendra engraisser les coffres du leader mondial en matière de traitement de transactions par cartes de crédit et de débit.
Le titre de Visa a clôturé la journée à 56,50 $ US, en progression de 12,50 $ ou 28,41 pour cent, après avoir touché 58,98 $ en cours de séance. Cela vaut à l'entreprise une capitalisation boursière d'environ 50 milliards $ US.
Cet engouement démontre que les investisseurs croient que Visa se trouve dans une position envieuse, à un moment où les consommateurs délaissent l'argent et les chèques pour faire de plus en plus appel à son réseau électronique. Visa devrait tirer profit de cette tendance pour générer des profits encore plus importants.
Visa a engrangé des revenus annuels de 5,2 milliards $ US l'an dernier, quand elle a traité quelque 44 milliards de transactions ayant une valeur totale de 3200 milliards $ US. Cette performance place Visa loin devant sa principale rivale, Mastercard, dont la valeur du titre a plus que quintuplé depuis son entrée en bourse en mai 2006.
Visa est aussi bien isolée face aux problèmes de crédit qui ont matraqué plusieurs des prêteurs qui émettent les cartes portant son nom, ce qui rend la compagnie encore plus attrayante aux yeux des investisseurs.
Contrairement à ces prêteurs, Visa n'est pas affectée par la dette des consommateurs. Elle dépend plutôt des frais de transactions, qui ont augmenté constamment depuis quelques années, y compris pendant les deux dernières récessions aux États-Unis, en 1991 et 2001.
Depuis la dernière récession, Visa a incité les consommateurs à utiliser davantage ses cartes de crédit et de débit pour leurs dépenses courantes, comme les aliments ou l'essence, ou encore pour régler les factures de services publics. Visa estime que 42 pour cent de ses transactions tombent dorénavant dans cette catégorie, contre 27 pour cent en 2000.
Visa prévoit que ses bénéfices croîtront d'au moins 20 pour cent pendant au moins les deux prochaines années. Lors de son trimestre le plus récent, l'entreprise a fait état d'un bénéfice de 424 millions $ US, en progression de 70 pour cent.
Visa compte utiliser 10 milliards $ US des produits du PAPE pour racheter des actions des banques qui l'ont aidée à développer son réseau depuis 50 ans. Un autre 3 milliards $ US sera placé dans un dépôt fiduciaire pour couvrir d'éventuelles compensations découlant de poursuites selon lesquelles Visa a participé à des stratégies visant à étouffer la concurrence et à gonfler les prix.

© La Presse Canadienne, 2010

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