Le Syndicat des métallos souhaite s'implanter chez Dofasco, dont les travailleurs ont pendant des générations été antisyndicalistes, et le propriétaire de l'entreprise, ArcelorMittal, ne s'y oppose pas.
Dofasco a maintenu les syndicats à l'écart de ses activités pendant des décennies, notamment en accordant à ses employés des salaires concurrentiels, un programme de partage des profits et des avantages sociaux, incluant une immense fête de NoJel organisée chaque année depuis 1937, à laquelle ont déjà pris part jusqu'à 30 000 personnes.
Cette culture était perçue comme un avantage concurrentiel lorsque l'entreprise a été acquise, au début de 2006, par la société luxembourgeoise Arcelor, elle-même passée peu après sous le contrôle de Mittal, le plus important producteur d'acier au monde.
Dofasco a depuis été rebaptisée ArcelorMittal Dofasco.
Le Syndicat des métallos, qui a au fil des années multiplié les tentatives afin de représenter les travailleurs de Dofasco, mais en vain, a estimé mercredi que s'amorçait "un nouveau chapitre dans les relations de travail au sein de l'industrie sidérurgique".
De son côté, ArcelorMittal Dofasco a indiqué avoir conclu un accord avec le syndicat au sujet d'un processus devant donner à ses travailleurs l'occasion de vérifier la compatibilité d'un syndicat avec la culture du travail "unique" à l'entreprise, et de déterminer s'ils souhaitent ou non faire partie d'un partenariat mondial entre ArcelorMittal et ses partenaires syndicaux.
L'organisation syndicale sera autorisée à consulter de façon informelle les 3500 travailleurs horaires de l'entreprise, parmi les 6000 employés que compte cette dernière.
Le Syndicat des métallos a indiqué que "s'ils choisissent d'aller de l'avant, les employés pourront alors élire démocratiquement les membres du comité de négociation et entreprendre des négociations avec l'entreprise".

© La Presse Canadienne, 2008