L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) revoit en forte baisse ses prévisions de croissance pour les grands pays industrialisés, soulignant notamment que la zone euro et le Japon n'ont pas de marge de manoeuvre pour assouplir leur politique monétaire. Dans son rapport intérimaire publié jeudi, l'institut écrit que, concernant l'économie réelle, les perspectives de croissance à court terme se sont affaiblies plus que prévu lors de la publication de ses précédentes perspectives économiques en décembre.
L'OCDE révise ainsi à la baisse sa prévision de croissance pour l'économie américaine à 0,1 pour cent pour le premier trimestre par rapport au trimestre précédent, et table sur une croissance nulle aux États-Unis au deuxième trimestre. Dans son rapport de décembre, l'organisation tablait sur une croissance de 1,1 pour cent de l'économie américaine au premier trimestre et de 1,5 pour cent au deuxième trimestre en rythme annualisé.
Selon l'OCDE, l'économie américaine évolue dans une marge très étroite, si elle n'est pas déjà en contraction, tout en soulignant que, s'il est peut-être prématuré de conclure à une récession, le niveau d'activité aux États-Unis se situe actuellement très en dessous du niveau de croissance potentielle. La plupart des grands organismes de prévision ainsi que la Commission européenne ont récemment revu en baisse leurs prévisions de croissance pour l'année en cours, alors que le ralentissement américain s'est propagé à d'autres régions du monde et que la crise du crédit ne cesse de s'aggraver.
L'OCDE estime que le cycle de l'immobilier s'est fortement détérioré au niveau mondial, et que la crise du marché immobilier américain pourrait amputer la croissance aux États-Unis d'un point de pourcentage cette année, comme au cours des deux dernières années. Conséquence des difficultés du marché immobilier et de la crise des "subprimes" (prêts hypothécaires à risque), les conditions du crédit se sont durcies, remarque l'OCDE.
L'OCDE prévoit par ailleurs que l'économie de la zone euro progressera de 0,5 pour cent au premier trimestre par rapport au trimestre précédent et de 0,4 pour cent au deuxième, à comparer avec des prévisions de croissance de 1,8 pour cent et de 1,9 pour cent respectivement aux premier et deuxième trimestres en rythme annualisé dans le rapport intérimaire du mois de décembre.