Les investisseurs qui veulent profiter des perspectives de plus en plus intéressantes pour les mines et les métaux devraient étudier attentivement ce qu'un ralentissement de l'économie américaine pourrait signifier pour le secteur.
Le directeur des investissements chez Guardian Group of Funds, Gavin Graham, affiche des prévisions "fortement optimistes" pour les métaux et leur prédit une croissance soutenue dans l'avenir, et ce, malgré une éventuelle récession aux Etats-Unis.
"Même si un certain nombre de personnes croient que le ralentissement aux Etats-Unis entraînera un recul des prix des métaux _ et effectivement il y a eu de substantielles pressions à la baisse chez les métaux comme le cuivre, le nickel et le zinc au cours de la dernière année _ les Etats-Unis ne sont plus la principale influence sur les prix de ces métaux; ce sont plutôt la Chine et les marchés émergeants."
M. Graham croit qu'il est actuellement temps d'acheter dans ce secteur, mais avertit que quiconque s'y lance doit être "fermement convaincu de la croissance et de la demande des marchés émergeants pour être à l'aise".
"Si on ne l'est pas, si on croit que les Etats-Unis vont entraîner le reste du monde dans leur chute (...) alors de toute évidence ce ne serait pas le bon moment d'acheter les métaux de base, parce que traditionnellement (...) lorsqu'il y a eu un ralentissement aux Etats-Unis, les prix ne se sont pas bien comportés", a indiqué M. Graham.
Les investisseurs devraient garder un oeil sur les prévisions économiques et les projections pour les marchés émergeants, ainsi que sur les données économiques comme celles sur le produit intérieur brut.
Selon M. Graham, le minerai de fer, que certains voient s'élever jusqu'à 65 pour cent au cours de la prochaine année, ainsi que le charbon thermique et métallurgique, qui ont vu leurs prix grimper de façon importante à la suite de problèmes liés aux très mauvaises conditions météorologiques, seront deux des meilleures mises du secteur.
Chez les métaux de base, le nickel profite aussi de perspectives haussières, puisque la demande pour l'acier inoxydable devrait rester ferme.
Donald Coxe, un stratège de portefeuilles internationaux pour BMO Marchés des capitaux, partage l'optimisme de M. Graham.
"L'industrie connaît un essor et le meilleur est à venir pour les minières", a-t-il écrit dans une note à ses clients.
"L'épopée actuelle pour (le rachat) de Rio Tinto par BHP Billiton signifie que les investisseurs sont forcés de revoir leur évaluation des minières en fonction d'une vague de projections optimistes quant à la rentabilité future de l'industrie, mise en place par une nouvelle génération de leaders de l'industrie."
BMO recommande aux investisseurs à long terme de conserver leur forte présence dans les titres des ressources naturelles, dont ceux des métaux de base. A court terme, le secteur de l'or "va continuer mieux se comporter que les marchés d'actions et à servir de couverture contre deux genres de chocs _ les paniques financières et les chocs de l'inflation."
Chez les sceptiques, Paul van Eeden, le président de l'éditeur de lettres d'information Cranberry Capital et un investisseur indépendant avec un intérêt particulier pour les sociétés minières, ne croit pas que ce soit le bon moment pour s'engager sur la route des métaux.
Selon lui, le ralentissement américain fera reculer la demande pour les métaux.
"Avec le ralentissement économique et le déclin de la demande réelle, le prix réel de ces métaux va chuter, même si leur valeur nominale va grimper, ce qui va rendre les investisseurs perplexes _ et va grandement nuire à leurs plans d'investissement et à leurs retraites", a-t-il estimé.
"Parce qu'ils ne grimperont pas en valeur réelle, le vrai bénéfice pour l'industrie minière sera inexistant."