Les autorités politiques de la région de Kansas City multiplient les efforts afin de convaincre Bombardier (TSX:BBD.B) d'y construire la future usine d'assemblage des avions CSeries.
Des responsables du développement économique de la région ont déclaré au journal Kansas City Star que des représentants de Bombardier Aéronautique sont récemment allés examiner un terrain appartenant à la ville situé près de l'aéroport international de Kansas City.
L'État du Missouri, où se trouve l'aéroport, est prêt à accorder à Bombardier des crédits d'impôt d'une valeur de 40 millions $ US par année pendant 22 ans, a précisé le journal. Les remboursements se feraient en fonction du nombre d'appareils vendus. Des modifications législatives à cet effet doivent être débattues dès mercredi au parlement de l'État.
Cette aide globale de 880 millions $ US dépasse largement les engagements pris jusqu'ici par Québec et Ottawa à l'égard de la CSeries.
De plus, Kansas City compte émettre des obligations afin de financer la construction de l'usine. En retour, Bombardier s'engagerait à louer les installations auprès de la ville pendant un certain temps.
"Nous croyons que nous avons une très bonne chance de l'emporter si les astres s'alignent correctement", a affirmé le président du Kansas City Area Area Development Council, Bob Marcusse.
"C'est beaucoup plus important que toutes les autres ententes que nous avons conclues jusqu'ici", a renchéri le directeur du ministère du Développement économique du Missouri, Greg Steinhoff, à l'Associated Press.
Bombardier fabrique déjà les avions d'affaires Learjet à Wichita, au Kansas, à environ 340 kilomètres de Kansas City.
"Proposition très sérieuse"
Il y a un mois, le président et chef de l'exploitation de Bombardier Aéronautique, Pierre Beaudoin, a annoncé qu'en raison de la vigueur du dollar canadien, l'avionneur songeait à assembler la CSeries aux États-Unis. Plus de 2000 emplois sont en jeu.
Au cours d'un entretien téléphonique, mardi, un porte-parole de Bombardier, Marc Duchesne, a confirmé que des discussions avaient cours avec les autorités du Missouri et de Kansas City au sujet du futur jet de 100 à 149 places.
"On croit que leur proposition va être très sérieuse", a indiqué M. Duchesne, tout en réitérant que Mirabel, au nord de Montréal, demeurait, pour l'instant, le lieu d'assemblage "privilégié" par le fabricant. Il a précisé que "plusieurs États " avaient témoigné de l'intérêt pour la future usine, sans vouloir les nommer.
Le Kansas City Star soutient que l'usine coûtera 375 millions $ US à ériger. Or, Bombardier a déjà avancé le montant de 700 millions $ pour la construction des installations et l'acquisition des équipements.
Bombardier a demandé aux gouvernements du Québec, du Canada et du Royaume-Uni (les ailes de la CSeries devaient être assemblées à Belfast, en Irlande du Nord) d'accroître leurs contributions financières pour la future famille de jets. Québec s'est montré ouvert à l'idée, mais Ottawa a brusquement fermé la porte.
Bombardier s'attend à ce que les gouvernements assument le tiers des coûts de la recherche et du développement _ 2,5 milliards $ _ et des investissements en immobilisations de 700 millions $.
En 2005, Ottawa avait annoncé une aide financière de 350 millions $ à Bombardier pour la CSeries, alors que Québec promettait 118 millions $. De son côté, Londres s'engageait à avancer l'équivalent de 419 millions $.
Bombardier s'est donné jusqu'à la fin de l'année pour décider de lancer _ ou non _ la CSeries.
Le titre de Bombardier a clôturé mardi à 5,55 $, en baisse de 0,5 pour cent, à la Bourse de Toronto.