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Industrie forestière du Nord du Québec : le ministre Béchard n'a pas rassuré les intervenants

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Industrie forestière du Nord du Québec : le ministre Béchard n'a pas rassuré les intervenants
Claude Béchard
Par Rémi Nadeau

Insatisfaits de leur rencontre avec le ministre des Ressources naturelles Claude Béchard, les acteurs de l'industrie forestière du Nord du Québec évoquent de nouvelles fermetures d'usines si Québec ne montre pas plus de souplesse.

M. Béchard avait convoqué les élus, patrons et chefs syndicaux des entreprises de la région touchées par une réduction supplémentaire moyenne de 9 pour cent des possibilités de coupe, mardi à Québec, dans le but de trouver des solutions pour en réduire les impacts négatifs.

Le maire de Chibougamau, Donald Bubar, affirme que le ministre a plutôt "assommé" ses interlocuteurs avec des chiffres qui entraîneront des pertes d'emplois.

Pour la compagnie Chantiers Chibougamau, la réduction additionnelle de la possibilité forestière est de 11,6 pour cent, alors que pour l'usine Domtar de Lebel-sur-Quévillon, elle atteint 18 pour cent.

"Personne autour de la table n'était content", a commenté mercredi le maire Bubar, selon qui l'avenir de ces entreprises est compromis si Québec ne permet pas que d'autres volumes de bois soient pris en compte dans le calcul du Forestier en chef.

Il a aussi déploré que le ministre demande aux entreprises de discuter entre elles et de trouver les solutions.

"On a senti qu'il nous lançait simplement la balle. Avec des compagnies concurrentes comme AbitibiBowater, Domtar, Barrette Chapais et Chantiers Chibougamau à la même table, c'est difficile de s'entendre", a-t-il plaidé.

Pour sa part, le président de la section locale 1492 du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, Mario Pothier, qui représente les employés de Lebel-sur-Quévillon, s'est vu refuser l'accès à la réunion. Il a expédié mercredi une lettre au ministre pour exprimer sa colère.

M. Béchard a expliqué qu'il avait donné un délai d'un mois aux entreprises afin qu'elles lui fassent part de leurs intentions, avant qu'il ne leur attribue leur volume de bois.

Il a soutenu qu'il chercherait à maintenir le plus d'emplois possibles.

"La question, c'est qui est intéressé à faire travailler du monde dans le Nord. Il faut voir qui a le meilleur plan. Certains nous disent que, sans un volume de bois précis, ils ne pourront pas passer à travers. Alors, on fait quoi?", a commenté le ministre, en marge d'un colloque des ingénieurs forestiers, mercredi à Québec.

M. Béchard a clairement fait comprendre qu'il ne cherchait pas à assurer la survie de chaque usine en place.

"Est-ce que, après, il y aura quatre ou cinq usines, ou est-ce que ce sera aménagé différemment? C'est ce qui a été mis sur la table hier (mardi)", a-t-il résumé.

Il s'est défendu de se décharger de ses responsabilités en demandant aux compagnies de dénouer elles-mêmes l'impasse.

"Non, non, il y a des choses que nous avons proposées", a-t-il dit, en demeurant vague, ajoutant que "de toutes façons, si elles ne la trouvent pas (la solution), c'est nous qui allons la trouver".

Avant cette nouvelle réduction moyenne de la possibilité forestière de 9 pour cent, les entreprises avaient déjà vu leur territoire de coupe amputé de 28 pour cent, à la suite de la publication du rapport Coulombe.

Lorsque le calcul du Forestier en chef, Pierre Levac, a été dévoilé la semaine dernière, le ministre avait admis d'emblée qu'il susciterait de vives inquiétudes dans le territoire couvert par la Paix des Braves.


© La Presse Canadienne, 2012


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