Par David Friend
Les principales banques du Canada, plongées dans la tourmente après une longue période de bénéfices reluisants, se montrent humbles après des mois d'incertitude, de surprises et de pertes engendrées par les problèmes survenus sur le marché du crédit.
"Quand on examine l'histoire des banques à travers le monde, ce sont des machines phénoménales à générer des profits, sauf qu'à tous les cinq ou sept ans elles trouvent le moyen de se saborder, a déclaré mercredi le président et chef de la direction de la Banque Toronto-Dominion (TSX:TD), Ed Clark, dans le cadre d'une conférence de l'industrie.
"Si on peut simplement éviter ces erreurs, on devient le meilleur investissement de la planète."
M. Clark dirige la seule banque canadienne a avoir été épargnée par la crise hypothécaire aux Etats-Unis.
Le secteur bancaire a été décimé par des investisseurs inquiets des répercussions que pourraient avoir au Canada les problèmes vécus par les institutions internationales.
Mercredi, les principaux dirigeants des banques canadiennes se sont penchés sur la question dans le cadre d'une conférence sur les services financiers organisée par la Banque Nationale (TSX:NA).
Le secteur financier de la Bourse de Toronto a chuté de plus de 18 pour cent par rapport à son sommet atteint en octobre, et les problèmes qui frappent les banques internationales continuent à faire peur aux analystes.
Un nouveau rapport publié par la firme Oppenheimer réduit, en moyenne, de 84 pour cent les prévisions de bénéfices pour les banques américaines au premier trimestre.
"Je suis frappé par le grand nombre de joueurs blessés, a ajouté M. Clark. Je suis moins confiant aujourd'hui de voir la situation se résorber d'elle-même rapidement. Ca pourrait se produire pendant le second semestre, mais ça pourrait aussi prendre tout 2008."
Pour sa part, le chef de la direction de BMO Groupe financier (TSX:BMO), Bill Downe, s'attend à ce que les réajustements du marché international du crédit ramènent la confiance au cours de la période estivale. Il a soutenu que ces réajustements étaient une étape nécessaire afin d'équilibrer le risque par rapport au rendement.
Il entrevoit des signaux positifs venant des Etats-Unis concernant les paiements directs. Il a expliqué aux analystes présents que même si les marchés étaient agités, la période estivale devrait permettre de mieux cerner les meilleures possibilités d'investissement.

© La Presse Canadienne, 2008