Les actionnaires de Thomson et de Reuters approuvent la fusion
Le 26 mars 2008 - 17:16
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Par Eric Shackleton
La prise de contrôle du groupe Reuters par l'éditeur Thomson Corp. (TSX:TOC) pour 17 milliards $ a été approuvée par une grande majorité par les actionnaires des deux entreprises, qui formeront ensemble un des plus grands groupes d'information au monde.
David Thomson, président de Thomson et petit-fils de son fondateur Roy Thomson, a déclaré lors de l'assemblée des actionnaires qu'il s'agissait d'un "démarrage remarquable pour les deux entreprises".
Réunis à Toronto pour le vote, les actionnaires de Thomson ont accepté la transaction à 99 pour cent. Le rachat de Reuters devient ainsi la plus importante transaction jamais réalisée par la société canadienne, qui a commencé ses activités de journaux et de radio dans le nord de l'Ontario, pendant la Dépression.
Reuters, dont les premières activités d'agence de presse remontent à 1851, a indiqué que ses actionnaires avaient voté en faveur de la transaction à 92,6 pour cent, au terme d'une assemblée à Londres.
Le président et chef de la direction de Thomson, Richard Harrington, a estimé que l'acquisition de Reuters conférait à son entreprise "une présence mondiale que nous n'avons jamais vraiment eu (par le passé)".
M. Harrington entend prendre sa retraite à la suite de la fusion des deux compagnies.
Le chef de la direction de Reuters, Tom Glocer, deviendra chef de la direction de Thomson Reuters, qui détiendra plus du tiers du marché mondial de l'information financière. Son principal concurrent sera Bloomberg LP.
La famille Thomson, qui détient 70 pour cent de Thomson Corp. par le biais de son holding familial Woodbridge, restera l'actionnaire de contrôle de la nouvelle entité, avec 53 pour cent de ses actions.
David Thomson deviendra le président de la nouvelle société.
La transaction devrait être conclue le 17 avril.
La nouvelle société mariera les forces de Thomson en Amérique du Nord et la présence de Reuters en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. "Thomson Reuters créera une entreprise avec une présence de marque mondiale qui lui permettra de saisir des occasions de croissance encore plus rapidement que Thomson ou Reuters ne pouvaient le faire", a estimé David Thomson.
Malgré les remous vécus ces derniers mois par les marchés financiers, M. Thomson s'est dit confiant de voir Thomson Reuters prendre de la valeur dans son champ d'activités.
Selon M. Harrington, il faudra environ trois ans avant que les deux entreprises soient pleinement intégrées et fonctionnent à l'unisson.
À la fin de cette période de trois ans, Thomson Reuters devrait réaliser des économies annuelles de 500 millions $ US sur des ressources comme la technologie, le développement de produits et les services corporatifs.
L'entreprise profitera d'une double inscription, sous le nom de Thomson Reuters Corp. en Amérique du Nord et de Thomson Reuters PLC en Angleterre.
La combinaison "sera fantastique pour les actionnaires", a prédit Felix Narhi, un analyste pour la firme Odlum Brown, à Vancouver.
"L'entité conjointe sera très bien positionnée, particulièrement dans le marché financier, qui passera d'un oligopole à un duopole", a observé M. Narhi.
Il recommande l'achat d'actions de Thomson, tout comme celui de titres de Thomson Reuters, mais "nous avons dû réduire notre prix cible à 49 $ par rapport à 51 $ en raison du climat d'affaires plus difficile à court terme et aux rumeurs de mises à pied dans le secteur financier".
L'action de Thomson a cédé mercredi 83 cents, soit 2,3 pour cent, à 35,37 $ à la Bourse de Toronto.

© La Presse Canadienne, 2008

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