La révélation qu'une importante recherche sur l'utilité de tests de tomodensitométrie (CT scan) dans la lutte contre le cancer du poumon avait obtenu un financement (caché) de l'industrie du tabac a secoué la communauté scientifique, et soulève une fois de plus la question de l'influence de l'industrie sur la recherche scientifique.
Deux revues médicales ayant publié des études de chercheurs du Weill Cornell Medical College, aux États-Unis, en 2006, se penchent sur les fonds provenant de l'industrie du tabac et d'autres liens d'ordre financier n'ayant pas été dévoilés. Les études en question concluaient à l'utilité de ces tests, ce que l'équipe de Cornell soutenait depuis longtemps.
L'enjeu est important pour la santé publique: des dizaines d'organismes, incluant la Société américaine du cancer, ont subventionné l'équipe de recherche de Cornell pour vérifier si ces examens, administrés systématiquement aux fumeurs, pourraient permettre de dépister ce cancer hautement mortel à temps pour prévenir des décès. Le gouvernement américain a aussi fourni des fonds, en dépit de critiques de l'étude.
Plusieurs ont eu un choc en apprenant qu'une fondation mise sur pied par Cornell et inscrite dans le New England Journal of Medicine, en octobre 2006, comme commanditaire de l'étude avait en fait touché 3,6 millions $ US d'une société mère du fabricant de cigarettes Liggett Group. Le New York Times rapportait cette information mercredi. Le même jour, une porte-parole de Liggett a fait savoir par communiqué que la compagnie "n'avait aucun contrôle, aucune influence sur la recherche".

© La Presse Canadienne, 2012