Par Bradley S. Klapper
AP - L'Organisation mondiale du commerce se prononcera la semaine prochaine en défaveur de l'Union européenne, dans le cadre d'une dispute sur le boeuf traité aux hormones qui perdure depuis 12 ans.
L'agence de presse Associated Press a appris que ce jugement permettra au Canada et aux États-Unis de continuer à imposer des tarifs punitifs _ d'une valeur de plusieurs de dizaines de millions de dollars _ sur des produits comme le fromage Roquefort, les truffes et la moutarde de Dijon.
L'Union européenne estime que ces hormones présentent un risque pour la santé humaine. L'OMC se rallie plutôt au Canada et aux États-Unis, qui font valoir que l'interdit européen n'a aucun fondement scientifique.
En 1999, l'OMC avait autorisé le Canada et les États-Unis à imposer des droits de douanes de 125 millions $ US par année sur des biens européens _ des tarifs qui sont toujours en vigueur.
Un porte-parole canadien a confirmé, vendredi, que la décision de l'OMC permettra au Canada de continuer à récolter jusqu'à 11,3 millions $ en droits de douanes sur des importations de porc européen, de concombres et de cornichons.
Bruxelles a ramené la cause devant l'OMC en 2005, quand Ottawa et Washington ont refusé de revoir ces sanctions à la lumière de nouvelles lignes directrices européennes qui maintenaient en place l'interdit.
La plus récente décision de l'OMC sera rendue publique lundi. Elle estime que l'Union européenne n'a pas correctement évalué les risques avant d'interdire la présence d'hormones dans ses importations de boeuf, selon un résumé obtenu par l'Associated Press.
En réponse à des décisions précédentes de l'OMC, l'Union européenne _ s'inspirant de recherches indépendantes _ avait adopté de nouvelles lois interdisant de manière permanente l'hormone oestradiol 17b dans les produits de la viande, et en avait interdit temporairement cinq autres.
L'OMC expliquera lundi que l'Union européenne n'a pas démontré de lien direct entre la consommation de viande traitée à l'oestradiol 17b et un risque accru de cancer. Elle fera aussi valoir que les cinq interdits temporaires sont illégaux, parce que l'UE n'a pas démontré que les preuves scientifiques sont insuffisantes pour pouvoir procéder à une évaluation correcte du risque.

© La Presse Canadienne, 2008