L'époque où le gouvernement fédéral affichait année après année des excédents budgétaires de plus de 10 milliards de dollars semble être terminée, selon un nouveau rapport du ministère des Finances sur sa situation fiscale.
La revue financière publiée vendredi révèle que la croissance des revenus du ministère s'est subitement interrompue en janvier, faisant passer le surplus mensuel à un simple 600 millions $. Au même mois en 2007, l'excédent budgétaire s'était chiffré à 2,4 milliards $.
Janvier a notamment vu l'entrée en vigueur de la réduction d'un point de pourcentage de la taxe sur les produits et services (TPS) et celle de réductions d'impôts annoncées l'automne dernier.
Les revenus du ministère des Finances ont chuté de 900 millions $ en janvier, soit 3,9 pour cent. Pour les premiers dix mois de l'année fiscale qui se termine lundi, l'excédent accumulé était de 10 milliards $, en baisse de 600 millions $ par rapport à la période correspondante l'année précédente.
"Les résultats obtenus à ce jour tiennent compte de l'effet des mesures d'allégement de l'impôt sur le revenu des particuliers qui ont été annoncées dans l'énoncé économique d'octobre 2007", affirme le rapport.
Par ailleurs, les charges de programmes ont augmenté de 10,8 milliards $, soit 7,2 pour cent, en raison de hausses des paiements de transfert et des charges de fonctionnement des ministères et des organismes, et des dépenses des programmes, comme, par exemple, le coût de la guerre en Afghanistan.
Les dépenses de programme du ministère de la Défense ont atteint 14,5 milliards $ à la fin janvier, une hausse de 10,7 pour cent par rapport à la période de 10 mois correspondante un an plus tôt.
Avant le mini-budget automnal du ministre des Finances, Jim Flaherty, plusieurs observateurs s'attendaient à ce que l'excédent budgétaire de l'année fiscale en cours franchisse le cap des 20 milliards $.
Mais dans son budget présenté le mois dernier, les prévisions de surplus de M. Flaherty ont reculé à 10,2 milliards $. Pour les deux années suivantes, les projections du ministre périclitent à 2,3 milliards $ et 1,3 milliard $ respectivement.
La revue financière de janvier semble confirmer que les surplus des récentes années ne sont pas à la veille d'être surpassés, conséquence de la combinaison des réductions d'impôts et d'une économie en ralentissement. Cette dernière devrait connaître une croissance légèrement supérieure à celle de 2,7 pour cent de l'an dernier.