Eric Lafleur, le fils de Jean Lafleur, vient d'acheter la paix avec le gouvernement fédéral qui renonce à le poursuivre au civil pour récupérer le trop-perçu de sa société Dézert, de plus de 2 millions $, dans le cadre du programme fédéral des commandites.
Eric Lafleur, qui a fait faillite en mars 2007, s'est engagé à verser 150 000 $ au cours des dix prochaines années, à raison de 15 000 $ par année.
Eric Lafleur était président et administrateur de Publicité Dézert, une agence de communication qui agissait comme sous-traitant de Lafleur Communication, propriété de son père Jean Lafleur, qui lui confiait le soin d'acheter des articles promotionnels. Eric Lafleur les facturait à son père le double du prix payé. Jean Lafleur y ajoutait par la suite une commission d'agence avant d'acheminer sa facture à Charles Guité, fonctionnaire fédéral responsable de la gestion du programme des commandites.
La façon trouvée par Jean Lafleur de permettre à son fils Eric de s'enrichir aux frais des contribuables canadiens avait fait passer le prix de boules de NoJel de 83 000 $ à 155 000 $.
"Si on découvre qu'Eric Lafleur nous a caché des actifs, on a le droit d'aller les chercher, c'est dans l'entente", a indiqué jeudi Me Sylvain Lussier, responsable de la poursuite civile au nom du gouvernement fédéral.
Pour ce qui est de Jean Lafleur, "ce n'est pas fini", a ajouté Me Lussier. À la suite de son procès criminel pour fraude, Jean Lafleur est tenu de verser une amende de 1,5 million $ auxquels s'ajoutent 8 millions $ réclamés dans une poursuite civile, essentiellement pour de la surfacturation.
Jean Lafleur, âgé de 67 ans, se trouve dans une maison de transition depuis deux mois. Il devrait recouvrer sa liberté en août prochain. Il avait été condamné à 42 mois de prison en juin 2007.
Les sommes recouvrées jusqu'ici dans le dossier des commandites sont très modestes. Il en a coûté 1,6 million $ à Paul Coffin, 50 000 $ à Publicité Martin, 1,1 million $ au Parti libéral du Canada, 1 million $ à Claude Boulay d'Everest et 250 000 $ à Jean Brault de Groupaction. À cela, viennent s'ajouter les 150 000 $ d'Eric Lafleur sur une période de dix ans.
D'autres dossiers demeurent actifs. S'il n'y a pas entente d'ici octobre 2008, au moment du début du procès, les Charles Guité, Gilles-André Gosselin ainsi que son épouse et son fils devront répondre de leur gestion. Ce sera aussi le cas de Jacques Corriveau, militant libéral de longue date et ami de Jean Chrétien, à qui le commissaire John Gomery imputait la mise au point d'un stratagème, de concert avec Luc Lemay (Polygone/Expour) et Jean Brault (Groupaction), visant à alimenter les coffres du Parti libéral du Canada section Québec avec une partie de l'argent gagné par le biais du programme fédéral des commandites.