CSeries: Bombardier ne désespère pas d'obtenir plus d'aide du fédéral
Le 3 avril 2008 - 19:03
|

|
Copier/Coller le code suivant à l'endroit voulu
|
|
[Fermer]
|
|
Par Sylvain Larocque
Malgré un refus net du ministre fédéral de l'Industrie, Jim Prentice, Bombardier (TSX:BBD.B) ne désespère pas d'obtenir une aide financière accrue d'Ottawa pour le développement de la CSeries.
"La proposition de Bombardier d'installer une usine de Série C à Montréal est attrayante au point de vue économique pour le Canada", a martelé jeudi le président et chef de l'exploitation de Bombardier Aéronautique, Pierre Beaudoin, lors de la téléconférence tenue pour commenter les résultats du quatrième trimestre.
M. Beaudoin a assuré que les discussions avec Ottawa se poursuivaient. "Industrie Canada est à regarder la meilleure façon de supporter cette implantation", a-t-il indiqué.
Celui qui deviendra le grand patron de Bombardier en juin a répété que l'entreprise pouvait compter sur "de bons employés" dans la région montréalaise, mais a ajouté qu'une "protection naturelle" contre le taux de change était "attirante" (les avions sont généralement vendus en dollars US).
En février, l'avionneur a révélé qu'en raison de la vigueur du dollar canadien, il songeait à transférer l'assemblage de la future gamme d'appareils de 100 à 150 places de Mirabel aux États-Unis. Pour que l'assemblage de la CSeries se fasse au Québec, Bombardier réclame de la part d'Ottawa et de Québec une hausse de l'aide financière. Le gouvernement de Jean Charest s'est montré ouvert à l'idée, mais pas M. Prentice, du moins en public.
La société montréalaise a d'autre part annoncé, jeudi, qu'en raison de la vigueur actuelle du marché des jets d'affaires et des avions régionaux, elle avait épuisé toutes ses listes de rappel d'employés et se lançait désormais dans l'embauche externe. On parle d'un ajout de 80 à 100 travailleurs aux usines de Saint-Laurent et de Dorval. Certains pourraient provenir d'autres secteurs de l'entreprise.
De plus, d'ici la fin de l'année, Bombardier aura légèrement agrandi, au coût d'environ 5 millions $ US, son usine de Dorval, afin d'ajouter deux avions à la ligne d'assemblage des jets d'affaires Challenger 300.
Bombardier Aéronautique a par ailleurs annoncé, jeudi, l'abandon de la production des biturbopropulseurs Q200 (37 sièges) et Q300 (50 sièges), suivant ainsi le penchant de plus en plus prononcé de l'industrie aérienne en faveur des avions de plus grande taille. Les livraisons de ces modèles se termineront en mai 2009.
En revanche, l'avionneur a augmenté la cadence de production du Q400 de 78 places, toujours très en demande, de sorte que Bombardier prévoit que peu de pertes d'emplois découleront de la décision. La série Q est fabriquée à l'usine de Havilland, à Toronto, où travaillent quelque 950 personnes.
Pierre Beaudoin a indiqué jeudi qu'il suivrait de "très près" le développement du Mitsubishi Regional Jet, un futur concurrent à la gamme CRJ de Bombardier, afin de s'assurer que l'aide financière attendue de la part du gouvernement japonais respecte les règles de l'Organisation mondiale du commerce.
"C'est très important pour tous les manufacturiers d'avions de s'assurer de bien comprendre de quelle façon les produits sont financés", a-t-il rappelé.
Le grand rival brésilien de Bombardier, Embraer, a récemment annoncé qu'il ferait preuve de la même vigilance.
Résultats
Bombardier a dévoilé jeudi des résultats étincelants qui ont fait bondir son titre de 6,3 pour cent, pour clôturer à 5,95 $ à la Bourse de Toronto.
Au quatrième trimestre, terminé le 31 janvier, les profits nets de l'entreprise ont presque doublé pour atteindre 218 millions $ US (12 cents par action), comparativement à 112 millions $ US (6 cents par action) pour la même période de l'exercice précédent.
Les revenus trimestriels consolidés ont totalisé 5,3 milliards $ US, en hausse de 20,5 pour cent par rapport aux 4,4 milliards $ US engrangés un an plus tôt.
Pour l'année entière, le bénéfice net a été de 317 millions $ US (16 cents par action), soit 18,3 pour cent de plus que les 268 millions $ US (14 cents par action) dégagés au terme de l'exercice précédent.
Les revenus annuels consolidés ont atteint 17,5 milliards $ US, en progression 17,5 pour cent par rapport aux 14,9 milliards $ US empochés au cours de l'exercice précédent.
Les deux divisions du groupe, Bombardier Aéronautique et Bombardier Transport, ont contribué à la croissance des revenus et des profits.
Au 31 janvier dernier, le carnet de commandes de Bombardier atteignait le niveau record de 53,6 milliards $ US, comparativement à 40,7 milliards $ US un an plus tôt.
L'année "a été excellente sur tous les fronts", a résumé le président et chef de la direction de Bombardier, Laurent Beaudoin.
Son fils Pierre a réitéré que la priorité de la société demeurait l'amélioration de sa cote de crédit, de sorte que les acquisitions importantes devront attendre.
"Bien sûr, si des occasions se présentent, nous les examinerons, mais notre attention se portera d'abord sur le rétablissement de notre cote de crédit de qualité supérieure (investment grade)", a-t-il affirmé. Bombardier a perdu cette distinction il y a trois ans.
Le président de la division ferroviaire, Bombardier Transport, André Navarri, entrevoit une croissance à deux chiffres de ses revenus cette année. La cadence de production a été accrue en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Chine. Le constructeur envisage d'ailleurs de créer une nouvelle coentreprise en Chine, où il devrait compter plus de 4000 employés d'ici la fin de l'année.

© La Presse Canadienne, 2010

|