Alitalia a nommé jeudi Aristide Police pour succéder à son président démissionnaire Maurizio Prato, qui s'était retiré du groupe mercredi après qu'Air France-KLM eut quitté la table des négociations sur le rachat de la compagnie aérienne italienne en difficulté.
Dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion de huit heures du conseil d'administration, Alitalia a annoncé la nomination d'Aristide Police, 39 ans, avocat spécialisé dans le droit administratif, ajoutant qu'une acquisition par Air France restait la meilleure option pour qu'Alitalia redevienne rentable.
Alitalia a également annoncé qu'elle indiquerait au gouvernement, d'ici à mardi et à son prochain conseil d'administration, si elle dispose de fonds suffisants pour poursuivre ses activités.
En l'absence d'un accord avec Air France-KLM, le ministre italien des Finances Tommaso Padoa-Schioppa avait déclaré mercredi qu'Alitalia devrait suivre la même procédure de faillite qui a permis au groupe agroalimentaire Parmalat SpA de se restructurer et de réduire ses activités à la suite d'un scandale de corruption en 2003.
Un peu plus tôt, les responsables des syndicats italiens d'Alitalia avaient annoncé qu'ils étaient ouverts à une reprise des discussions avec Air France-KLM.
Lors d'une conférence de presse, huit des neuf syndicats ont indiqué que leurs propositions qui avaient incité le président d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, à rompre les négociations n'étaient pas définitives. Roberto Panella, responsable du syndicat UGL, a affirmé que les syndicats étaient prêts à négocier et que leur offre n'avait jamais constitué un ultimatum.
M. Spinetta avait indiqué tard mercredi que les demandes des syndicats étaient "incompatibles" avec les plans visant à un retour de la rentabilité de la compagnie italienne. Air France-KLM avait posé comme condition à son offre que les syndicats avalisent son plan de reprise.

© La Presse Canadienne, 2008