Trop de Canadiens ont un emploi et de l'argent à dépenser pour que l'économie canadienne succombe aux pressions inflationnistes en provenance des États-Unis, affirme le Conference Board du Canada dans ses prévisions printanières, rendues publiques lundi.
L'organisme dit s'attendre à une croissance économique relativement solide de 2,2 pour cent au Canada pour l'année en cours. Il s'agit d'une prédiction plus optimiste que celles faites jusqu'à présent, notamment par le gouvernement fédéral dans son plus récent budget.
Bien qu'inférieure à la prédiction faite en janvier, de 2,8 pour cent, la nouvelle prévision du Conference Board demeure largement supérieure à la moyenne de celles issues du secteur privé, de 1,5 pour cent, et à certaines prévisions récentes laissant croire que l'économie canadienne est menacée par une récession.
La semaine dernière, la Banque Royale du Canada a dit projeter un taux de croissance de 1,6 pour cent à l'échelle du pays pour 2008. La Banque TD ayant quant à elle nettement revu à la baisse sa prévision, désormais de 1,1 pour cent.
Dans son budget de février, le ministère fédéral des Finances a estimé que la croissance de l'économie canadienne ralentirait à 1,7 pour cent cette année, après avoir atteint 2,7 pour cent en 2007.
"Ils sont optimistes", a estimé Dale Orr, directeur général de Global Insight, en parlant du Conference Board. Le groupe de recherche de M. Orr s'apprête à annoncer plus tard en avril une prévision de croissance de 1,6 pour cent pour l'économie canadienne cette année.
"Peut-être est-ce parce que nous prévoyons que la plus grande partie de cette consommation canadienne va aux importations plutôt qu'aux (producteurs nationaux), ce qui affecterait le produit intérieur brut", a fait valoir M. Orr.
Néanmoins, le Conference Board a dit croire qu'avec un nombre record de Canadiens au travail, la hausse des salaires et la chute des taux d'intérêt, les consommateurs, nullement intimidés par la situation économique aux États-Unis ou encore les problèmes du secteur manufacturier canadien, poursuivraient leurs achats.
"Malgré le fait que l'économie des États-Unis ralentisse et que notre secteur des exportations y perde au change, lorsque nous examinons ce qui a fait fonctionner l'économie, nous constatons que cela a largement été un phénomène canadien, ce qui veut dire que c'est bon pour l'emploi, c'est bon pour les augmentations de salaire (...) les gens ne devraient pas trop s'inquiéter au Canada", a indiqué Pedro Antunes, économiste du Conference Board, qui a rédigé le rapport de l'organisme.